Reine Bouthat


L'interaction du corps avec le lieu et la matière devient un facteur dynamisant qui rythme à la fois vie intime et sociale. Ce lieu, pour moi, est cet espace habité soit par le corps, soit par la matière ou par la toile sur et dans laquelle j’interagis et j’interviens dans un geste intuitif: spontané ou directif.

Le caractère fragile et les traces éphémères que le corps a laissés sur son passage me pousse à questionner cette matière dans ce qu'elle peut offrir de témoignage. C'est par association et assemblage d'objets ou de fragments récupérés et recyclés provenant du quotidien, du passé ou de l’environnement et possédant un signifiant qu'est orienté mon travail. Ils deviennent ces artefacts qui sont à fa fois narratifs, significatifs et symboliques.

Ce nouveau lieu recréé et chargé de signification devient ainsi un lieu intime de relation, de communication et parfois de confrontation où tensions, discours et actions s'inscrivent dans et par le corps et peut-être partagés ou non avec l’autre. Cette démarche se veut un questionnement d'identité, de fragilité et de perception que l’on se fait du corps en relation avec soi, l’autre et l’environnement.

Reine Bouthat

cinq artistes du Grave

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(69 X 27 cm)

Née à Sainte-Hyacinthe, c'est en 1969 que je déménageais à Victoriaville pour y demeurer et poursuivre des études en arts plastiques au Cégep de Maisonneuve et à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Je dois beaucoup à mon père qui était tailleur de pierre, pour son encouragement et pour m'avoir transmis cet amour pour la matière, le dessin et les matériaux.

C'est en 1988 que débuta mon entrée dans le monde artistique avec la présentation d'une exposition solo au Musée Laurier, Morphologie du Verbe, pour poursuivre avec La poésie fout le camp! présentée au cégep de Victoriaville en 1990. En 1992, ma participation au 8e festival international de poésie de Trois-Rivières à la Galerie d’art Du Parc sous le thème de « Vers azur... » suivie de « Les Professionnels » à cette même galerie marqua ma carrière.

Ma démarche effectua par la suite une transition et mon travail passa de l'acrylique sur papier et sur toile tendue à une peinture sur toile non tendue, intégrant tissus, papier de soie, métal pour devenir à la fois mi-sculpturales et installatives. Parmi les pièces qui ont marqué cette transition l'on retrouve: Le Gardien (1996) et le Concerto d'automne! (1998).

C'est également en 1996 que s'amorça la participation à des événements extérieurs in situ dans des jardins et en milieu urbain. L'événement « Jardins et sculpture sous le thème Terre ouverte au Parc Marie-Victorin de Kingsey Falls compte dans cette phase importante de mon cheminement artistique. En parallèle, la sculpture et l'intégration de fragments d'objets récupérés et recyclés se font plus présents dans mes pièces, le corps occupant dans mes réflexions une place évidente et primordiale et mes réflexions axées sur la transition, la transformation et la fragilité de l'être. Ma participation aux différents collectifs présentés ici au Québec, au Mexique, au Portugal et en France se fait de plus en plus fréquente, que ce soit avec le Centre Grave ou le Cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec (CAPSQ).

Je ne peux dissocier mon cheminement de mon implication dans le milieu artistique puisqu'ils font partie de la condition d'artiste. Depuis le début de sa fondation, j'ai pris une part active au sein du Centre d'artistes GRAVE de Victoriaville, siégeant au conseil d’administration comme secrétaire, de 1988 à 1994, et ensuite comme présidente, de 1994 à 2001. J'agis également comme représentante des arts visuels au Comité permanent des arts et de la culture à la Ville de Victoriaville depuis 1998, après avoir participé à l'étude et l'élaboration de la politique culturelle.






DERNIÈRE SYMPHONIE,
[installation] 220 X 160 X 90 cm




CORPS CIRCUIT #0001
[cuivre et aluminium] 34 X 24 cm




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