Comme partout au Québec, l’agriculture des débuts de
Saint-Rémi-du-Lac-aux-Sables en était réellement une de survivance.
Nos premiers colons obtenaient leurs terres par héritage, par
acquisition des premiers preneurs ou directement du ministère de la
Colonisation. Comme ils étaient impatients de s’établir, ils
choisissaient en premier lieu un terrain à leur convenance et y
défrichaient un espace pour bâtir une petite maison très rudimentaire.
Après plusieurs années de durs labeurs, nos pionniers pouvaient
maintenant construire un bâtiment de ferme pour engranger les récoltes
et pour hiverner une ou deux vaches, une
« team » de chevaux ou de boeufs,
deux ou trois cochons, deux ou trois moutons ainsi que quelques poules.
Comme l’ambition et le courage ne manquaient pas à nos pionniers, on
continuait à défricher, repoussant la forêt et augmentant l’étendue
des sols arables. L’importance des troupeaux croissait au rythme des
sols cultivables.

De gauche à droite, Lucien Hamelin, Adolphe Darveau et son fils Jean-Marie.
Dès que les récoltes étaient engrangées, nos agriculteurs devenaient
bûcherons. Bon nombre d’entre eux quittaient alors leur famille et
allaient hiverner dans les chantiers, ne revenant qu’au printemps pour
la saison des sucres, car plusieurs avaient leur petite sucrerie.
Durant leur absence, les épouses, non seulement élevaient leurs enfants,
pétrissaient la pâte pour faire le pain, filaient la laine et le lin,
mais vaquaient aussi aux travaux de la ferme.
Jean-Louis Soulard
(
Lac-aux-Sables Témoin de notre passé 1897-1997, p. 159)