
3 août 2000 |
|
Chroniques La mémoire au jour le jour par Réjean Bonenfant Enfin, dirons-nous, l'été est de retour. Les nuages commençaient à déteindre sur nos âmes fatiguées. Je n'ai jamais, depuis fort longtemps, entendu autant de gens me parler de leurs insomnies comme en juin et au cours des deux premières semaines de juillet. Comme si nous avions droit, en toute innocence, à une certaine intensité de soleil durant nos jours pour pouvoir affronter le monde de la nuit et de ses rêves. Le soleil étant revenu pour les vacanciers de la construction -qui ont, comme chacun sait, de puissants syndicats-, les terrasses commencent à être bondées jusque tard dans la nuit. C'est ainsi que mercredi soir, vers vingt et une heures, je me suis rendu à la terrasse du Zénob à Trois-Rivières pour cueillir le reflet de la pleine lune à la surface de ma consommation préférée. Malgré la belle température et l'agréable compagnie, je suis entré voir un spectacle débordant d'énergie qu'y présentaient Les Mystérons. Ce duo, formé de Christian Laflamme aux percussions et de Fabiola Toupin à la voix, nous offrait un spectacle L'assurance vocale et la maturité de Fabiola Toupin, de même que sa présence, m'ont ému comme elle avait su le faire au début de juillet au Festival d'été de Québec dans un vibrant hommage à Édith Piaf auquel participait Louise Forestier et Claude Léveillée. Télé 5, il y a quelques jours, a diffusé cet événement inoubliable. Fabiola, une autodidacte dans le domaine de la chanson, est une interprète d'une versatilité remarquable dont j'ai l'intention de suivre la carrière qui ne saurait être que flamboyante. Hier, je suis enfin sorti de la ville pour me rendre assister aux Au Cénacle est un immense restaurant emplissant la nef de l'ancienne église du Christ-Roi. La décoration y est kitch et j'ose espérer qu'elle a été conçue selon cet esprit. Un peu à l'écart, il y a une petite salle aménagée en théâtre de poche. Oui, oui, avec le filet de pêche suspendu au plafond! Depuis deux ans, la même équipe y anime les lieux, y présente du théâtre. Le spectacle d'hier a été écrit par Frédéric Pellerin, accordéoniste et excellent conteur, ainsi que par le chroniqueur et romancier Brian Perro (Marmotte), qui avait écrit le spectacle de l'an passé. Pour cette représentation, ils étaient accompagnés de la comédienne Renée Houle dont nous avons présenté un texte sur le thème du retour dans cette chronique il y a quelques semaines. Je m'attendais à ce qu'on me parle de la chasse-galerie, de la J'ai beaucoup apprécié, au niveau de l'écriture, les incursions dans le futur, comme si on arraisonnait celui-ci pour le servir à la sauce du passé. La recette a déjà fait ses preuves au cinéma. Également, la mise en scène dépouillée sert bien l'ensemble en flirtant avec le surréalisme. Je retiendrai cependant la légende de Quittant le voisinage de la Cité de l'énergie pour revenir vers Trois-Rivières, nous avons été étonnés de passer devant le Dépanneur de l'Énergie, le Club vidéo de l'Énergie, la Taverne de l'Énergie. Nous n'en avions plus. D'avoir trop ri. Sans doute qu'il n'y aurait pas d'insomnie dans l'air pour cette nuit. Si elle allait revenir, la coquine, je me rappellerai alors le vers de Denise Boucher sur une affiche à l'entrée de l'Hôtel Delta de ![]() |