
25 septembre 2000 |
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Rabaskronik, par Guy Rivard POÉSIE EN CAPITALE Trois-Rivières, petit poste de traite de fourrures fondé en 1634, a su marquer sa place, gravissant les échelons en même temps que ses coteaux sablonneux. De second bourg colonial français en Amérique, à capitale mondiale du papier au début du 20e siècle, la cité est aujourd'hui reconnue comme capitale de la poésie, grâce à son Festival international dont la 16e édition ouvrira vendredi de cette semaine. Intensité, humanité au rendez-vous. Trois-Rivières est située entre Québec et Montréal. Pour s'y rendre, on emprunte l'autoroute 40, baptisée autoroute Félix-Leclerc en l'honneur de ce grand poète-chansonnier québécois qui, le premier, parla de Trois-Rivières comme de la capitale de la poésie. J'ai souvenir encore de cette soirée à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, de l'humble Félix assis derrière une simple table, seul au milieu d'une scène dépouillée, lisant feuillet après feuillet sa prose poétique, nous racontant notre histoire en devenir comme un père à ses enfants. Trois-Rivières, sortie À quelques pas se trouve la rue des Forges, artère des boutiques, des cafés et des restos, et sitôt les beaux jours, des terrasses ricaneuses. Alignement serré de bâtiments victoriens harmonieux, haie d'honneur qui ouvre sur un grand fleuve, sur l'onde et le monde. Ode au Nous sommes au cur du Vieux-Trois-Rivières, d'architecture française et québécoise, en partie épargné par le grand incendie. De par les rues étroites, ici la chapelle catholique des Récollets décrétée anglicane après la Défaite de 1760, et là l'imposant manoir de Tonnancourt reconverti en galerie d'art. Et tous ces panneaux qui, d'images et de mots, racontent notre histoire. Partout sur les murs du centre-ville, brins de poèmes placardés; Trois-Rivières se démarque ainsi comme capitale de la poésie. Il faut sentir vibrer le Festival, début octobre, quand la brume du fleuve s'étend sur la nuitée de la ville en odeurs marines. En tout lieu, dans nos bars, nos chapelles, nos cuisines, s'approchent camarades les poètes qui, devant nous, écrivent et disent et chantent, la petite semaine et l'immense vie. Au fil des ans, ceux-ci sont venus par dizaine et dizaine, du Québec et d'ailleurs. Subjugués par l'accueil chaleureux et fraternel du public festivalier, beaucoup, durant leur séjour, ont couché leurs impressions sur le papier. Ces poèmes, rassemblés, ont été publiés aux Écrits des Forges, en un recueil intitulé Bon Festival! Guy Rivard © Guy Rivard & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (2000) Tous droits réservés. |