
14 décembre 2000 |
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Chroniques Une petite par Francelyne Du-Sablon PACE, PACE MIO DIO « Je n'échangerais pas une montagne d'or Un après-midi d'été, je flânais au pied des pelouses du parc. Le temps était clair, transparent. Sous cet azur parfait, l'invite à la rêverie était palpable, mais je n'osais chanter, prise par mes pensées, comme un halo respirable dans l'atmosphère autour de moi. Depuis maintenant une semaine, je suivais des classes d'interprétation avec le chef d'orchestre Seiji Ozawa. Je travaillais alors l'air de Leonora Maëstro Ozawa m'avait Et puis la veille, à l'heure de la leçon, le soleil couchant incendiait la salle. Venez, a-t-il dit, regardons ce coucher de soleil, regardons comme il est beau et il ne se reproduira plus jamais. Pas ce coucher de soleil-là. Ce coucher de soleil existe grâce à la qualité de luminosité d'aujourd'hui. Il est unique. Il y en aura d'autres, mais ce ne sera plus jamais celui-là. Il ne pourra plus vivre que dans votre souvenir. Ainsi en est-il de la musique. Le son, la vibration s'alimente de nos fluides physiques et psychiques. Chaque jour augmente notre capital vibratoire, il ne faut pas chercher à recréer ce qui fut hier, ni anticiper ce qui pourrait être Quelques jours plus tard avait lieu le récital. Je chantai bien. Je savais que ce n'était pas encore ce que je recherchais, mais j'avais accepté désormais d'attendre, d'attendre LE TEMPS. Un an plus tard, à une soirée de gala, je chantai l'aria de Leonora. Et dès les premières mesures, la pénombre de la salle fut balayée par un magnifique coucher de soleil. Je délivrai l'aria avec le poids et la couleur exacte que j'avais perçus en silence pendant des mois. Subitement, tout était devenu clair. ![]() © Francelyne Du-Sablon & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (1999-2000) Tous droits réservés. |