13 mars 2001 |
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Chronique Capsule de chez nous , par Serge Fournier Suivie de Le Coin de « L'hiver tirant aux abois, pour donner la vie auCette attachante légende amérindienne nous ramène aux |
![]() Les glaces du Saint-Laurent devant Québec (1975)
© Guy Rivard & Rabaska Multimédia inc. |
BOUSCUEIL : nom masc.
Définition : Amoncellement ou mouvement des glaces sous l'effet du vent, d'un courant ou des marées.
Exemples d'emploi :1. « On dit : la rivière va parler, c'est la mouvance, la débâcle. Les glaçons ou aboiteaux se mettent en marche, en dérive, se bousculant, se renversant les uns lesHistorique : De bousculer, verbe transitif, un composé tautologique relativement tardif (1798) de bousserautres ; c'est le bouscueil ou bascules, au milieu des craquements et descrissements ; Preble raconte que la débâcle de la Liard se produisit le 29 avril avec un fracas terrible, les glaces grosses de deux mètres s'amoncelèrent jusqu'à 25 mètres dehauteur. » (DEFFONTAINES [Pierre]. L'Homme et l'hiver au Canada , Gallimard, Paris, 1957, pp. 39-40 [Fichier du Trésor de la langue française au Québec (FTLFQ)].)
2. « Le BOUSCUEIL est un titre étrange. Je l'ai choisi parce qu'il me plaît, et qu'on en peut aisément deviner le sens. Ce mot de la Petite-Côte-Nord signifie la débâcle des rivières au printemps. Il pouvait, m'a-t-il semblé, s'appliquer à certains mouvements de l'esprit, lesquels, par moments débâclent, eux aussi, et se délivrent par la parole et parl'écrit. » (SAVARD [Félix-Antoine]. Le Bouscueil poèmes et prose, Éditions Fides, Montréal, 1972, Préface, p.9.)« heurter » (1416), (Dictionnaire historique de la langue française [DHLF]). Bouscueil est aujourd'hui signalé par certains répertoires du français général en tant querégionalisme : « (Canada) Mouvement des glaces sous l'action du vent, de la marée ou ducourant. » Le bouscueil du printemps (ROBERT, Paul, Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française [GR] et Le petit Robert [PR], Grand Larousse de la langue française [GLLF], Lexis).
En français québécois, bouscueil est principalement connu dans la région de Tadoussac, Les Escoumins, Baie Sainte-Catherine et Rivière Portneuf. Aujourd'hui, encore, des bateaux de plaisance sont enregistrées sous l'appellation bouscueil et bon nombre d'organismes et d'ateliers de cette région utilisent le même terme comme raison sociale.
Aux Îles-de-la-Madeleine, le vocable est encore très vigoureux et prend souvent l'acception de« pointes formées par l'entrechoquement des glaces sous l'action des vents et de lamarée. »
En Acadie, et principalement dans la région de la Baie des Chaleurs, bouscueil« gros amas deglaces » et« débâble » a été largement relevé (MASSIGNON, Geneviève. Les Parlers français d'Acadie, Klincksieck, Paris 1962 [2 tomes].)
Catégorie : Innovation lexicale.
CHANDELLE (EN ~) : locution adjectivale.
Définition : Désagrégée en aiguilles, en parlant de la glace, sous l'action du soleil et qui présente l'aspect d'une chandelle fondue.
Exemples d'emploi :1. « Il connaît [...] les dangers d'un voyage sur la glace en chandelles. Il resterait ainsi sans nouvelles de nous jusqu'à la prochaine débâcle des glaces vers la fin deHistorique : Latin candela, de canderejuin. » (BREYNAT [Mgr Gabriel]. Cinquante ans au pays des neiges , Fides, 3 vol., TomeI : Chez les Mangeurs de Caribou, 1945[p.141] [TomeII : Voyageur du Christ,1947 ; TomeIII : L'Évêque volant, 1948], [FTLFQ].)
2. « Souvent la glace du milieu est moins solide, parfois elle forme une espèce de bouillie, c'est la glace pourrie, la glace est en chandelle,dit-on ; si elle descend au fond, elle constitue le frazil. Dans de petits lacs peu profonds, l'eau peut geler jusqu'aufond ; on le décèle à leur surfacebombée . » (DEFFONTAINES [Pierre]. L'Homme et l'hiver au Canada , Gallimard, Paris, 1957, p. 39 [FTLFQ].)
« brûler, êtreenflammé », issu du latin cand qu'on retrouve dans candélabre, candeur, candide, encens, incendie (DHLF).
Avec le sens« glace qui fond enchandelle » la locution adverbiale a été abondamment relevée par nos glossairistes, ce qui permet de situer son apparition vers le milieu du XIXe siècle. En français québécois, le mot est encore connu sur l'ensemble du territoire.
Catégorie : Innovation sémantique.
CHANDELLE : nom fém.
Définition : Glace en forme de stalactite qui pend du toit d'une maison, d'un bâtiment.
Exemples d'emploi :1. « Ben les aiguilles de glace qui pendent du toit de la grange, nous autres on appelle ça desHistorique : Latin candela, de canderechandelles. » (Inf. masc., 43 ans, Portneuf, Centre d'étude linguistique de la Mauricie [CELM], 1973.)
2. « Au dessus du baril, à partir du toit, une chandelle, un gros glaçon (V. ce mot, à partir de la boîte liste LEXIQUE QUÉBÉCOIS ci-contre). Des fois, il fallait prendre le pic pour enlever cettechandelle-là. » (Inf. masc., 67 ans, Québec, CELM, 1987.)
3. « Ben les chandelles, c'est toujours un petit peu dangereux, au printemps, parce que c'est pendu au toit des maisons, pis ça peut être gros. Si ça tombe sur la tête de quelqu'un.Ouch ! » (Inf. masc., 53 ans, Yamachiche, CELM, 1992.)
« brûler, êtreenflammé », issu du latin cand (DHLF). En français populaire depuis 1636 et dans les parlers français, en vendômois chandelle de glace« stalactite de glace suspendue autoit », en Anjou chandelle« aiguille ou stalactite de glace qui pend au bord d'un toit à la suite d'un dégel partiel. Dol (Bretagne), chandelle« aiguille de glace pendant destoits » et Saint-Martin-sur-Oust (Bretagne), chandelle« stalactite deglace » (Französisches etymologisches Wörterbuch [FEW]).
En français québécois populaire, chandelle« glaçon aux gouttières destoits » (métaphore liée à la forme) est connu sur l'ensemble du territoire, mais semble prendre du recul dans l'usage (CELM).
Catégorie : Archaïsme et dialectalisme.
SKIDOO ; SKI-DOO : nom masc.
Définition : Véhicule à moteur, généralement à deux places, avec skis à l'avant et chenilles à l'arrière principalement utilisé l'hiver pour le loisir, le travail ou la compétition.
Exemples d'emploi :1. « On a coutume de dire que sur la neige, il n'y a pas de propriétaire. J'ai très bien remarqué que l'on en a fait mention lors de reportages sur lesHistorique : Norvégien ski (prononcé chi) de l'ancien norrois skioski-doo. » (Inf. masc., 42 ans, Saint-Jérôme [Terrebonne], FTLFQ, 1965.)
2. « Personne n'est encore arrivé à construire une auto-neige aussi avantageuse que le ski-doo. Cette année, grâce au SKI-DOO68, Bombardier prend une autre avance sur laconcurrence. » (Le Devoir, 30 nov. 1967, p.15. [Annonce], FTLFQ.)
3. « Un ski-doo, cet étrange auto-neige miniature qui remplace les chiens des Esquimaux, traverse la neige d'unverger. » (PERREAULT [Pierre]. Film Les Voitures d'eau , Office national du film du Canada, Montréal, 1968 [tournage en divers moments, de novembre 1965 au printemps 1967, à L'Île-aux- Coudres, à Lévis, à Trois-Rivières], FTLFQ.)
4. « - Est-ce que vous aimezl'hiver ?
- Depuis... depuis qu'on a des ski-doos, oui.
- [...] Depuis les ski-doos là, on trouve l'hiver moinslongue. » (Martinville, Corpus de l'Estrie [Université de Sherbrooke], 1972, FTLFQ.)
5. « L'an dernier, on avait couru après un r'nard, on était une dizaine de gars avec chacun son skidou (sic), pis on avait fini par le cerner pis y était assez fatigué qu'y s'était couché su a neij', la langue sortie, pis on l'avait tué à coups debâtons. » (CHÂTILLON [Pierre]. Le Fou , roman , Éditions du Jour, Montréal, 1975, p. 25.)
6. « Aujourd'hui avec des skidoos là, pour le trappage, là où ça prenait une semaine, on le fait dans unejournée ! Ça fait qu'on avait des journées disponibles, on faisait dubois. » (Inf. masc., 58 ans, La Tuque, CELM, 1980.)« billette de boisfendu ; chaussure, raquette pour laneige » (DHLF). D'abord le composé ski-dog, (1959, Joseph-Armand BOMBARDIER, Valcourt, Québec), le nom dog, puisque le véhicule remplaçait le traditionnel traîneau à chiens puis, pour des raisons de commercialisation, en 1960, ski-do(o), en substituant à dog un morphème lexical issu de l'anglais, (to) do,« faire », pour mieux mettre en évidence la qualité primordiale d'un véhicule qui pouvait se rendre partout sur la neige.
Catégorie : Innovation lexicale.
SOUFFLEUSE : nom fém.
Définition : Chasse-neige muni d'un dispositif hélicoïdal qui projette la neige à distance.
Exemples d'emploi :1. « Des employés municipaux enlevaient les bancs de neige (V. ce mot, à partir de la boîte liste LEXIQUE QUÉBÉCOIS ci-contre), le long du trottoir d'en face [...] il s'intéressa une fois de plus à cette formidable machine munie de scies rondes qui pulvérisait la neige. Il allait se désintéresser du spectacle, et d'autant plus que la souffleuse était au repos depuis quelques secondesSyntagme : Souffleuse à neige[...] » (CHOQUETTE [Robert]. Les Velder , roman , Éditions Bernard Valiquette, Montréal, 1941, p. 294 [adaptation du radio-roman La Pension Velder diffusé au poste CBF de 1938 à 1942.], FTLFQ.)
2. « Faut dire que dans notre temps, la neige, ça s'enlevait pas comme aujourd'hui rien qu'à regarder marcher des souffleuses ou rien qu'à se promener en tracteur le long destrottoirs. » (CODERRE [Émile (alias Jean Narrache)]. Rêveries de Jean Narrache , texte radiophonique, 27 janv. 1948, FTLFQ.)
3. « L'éxécutif a demandé à ce sujet à M. Cabana que les souffleuses de la ville n'envoient que de la neige propre dans les parterres[...] » (La Presse, 18 janv. 1955, p.33, c.3, FTLFQ.)
4. « L'année où le Bonhomme [Carnaval] s'est fait frapper par unesouffleuse. » (Magazine Croc, no 103, Montréal, fév. 1988, p.68, col.2, FTLFQ.)
5. « Le vacarme de la souffleuse qui s'amène à six heures du matin pour déblayer la rue d'Auteuil réveilleJulie. » (FOURNIER [Claude]. RenéLévesque : portrait d'un homme seul , Éditions de l'Homme, Montréal, 1993, 288 p.)
Historique : D'après une spécialisation du verbe souffler, du latin classique sufflare« souffler sur » de flare« souffler » (BLOCH [Oscar] et WARTBURG [Walter von]. Dictionnaire étymologique de la langue française, 5e éd., Presses universitaires de France, Paris, 1968 [BW5]).
En français québécois, depuis 1927, date de l'invention de la souffleuse à neige par le Montréalais Arthur Sicard. Les nombreuses attestations du mot indiquent la grande vigueur du vocable.
Souffleuse« chasse-neige muni d'unesoufflerie » est maintenant consigné en français (GR, GLLF, DHLF).
Catégorie : Archaïsme et dialectalisme.
TABAGAN(E) ; TOBOGANE : nom fém.
Définition : Traîneau sans patins, fait de planches minces recourbées à l'avant qui permet le déplacement sur la neige.
Exemples d'emploi :1. « [...] et [le chef de famille] fraie une route, pour faciliter aux femmes le moyen de traîner sur la neige et sur leurs tabagannes, le peu de meubles et de bagages qui composent leursHistorique : Tabagane ou tobagane est attesté depuis 1691 (V. rubrique Exemples d'emploi, No 1), mais les études techniques de Pierre Deffontaines, Pierre Carle et Jean-Louis Minel (V. rubrique Exemples d'emploi, Nos 2 et 3) nous donnent à penser que l'emploi du mot remonte certainement à la moitié du XVIIe siècle. Le vocable, avec le sens deménages. » (LE CLERCQ [Père Chrétien]. Nouvelle relation de la Gaspésie, qui contient les murs et la religion des Sauvages , Paris, 1691,p. 70 .)
2. « Le traîneau précéda la voiture, mais pour l'utiliser il fallait laneige ; les transports par terre attendirent les hivers. [...] Les Indiens utilisaient le traîneau qu'ils tiraient eux-mêmes ou avec des chiens, à l'imitation des Esquimaux. Les colons s'inspirèrent de ces voitures d'hiver [en italique dans le texte], qu'ils appellent aussi traîne sauvages (sic) [en italique dans le texte], indiquant bien l'origine indienne. [...] La plus simple de ces voitures d'hiver, la traîne sauvages (sic) [en italique dans le texte] est composée d'un long plancher étroit, relevé à l'avant en forme derouleau ; elle glisse à même laneige ; sans rebord, comme sans patins, elle peut avoir jusqu'à trois mètres de long. Les plus grandes portent le nom de toboggane [en italique dans le texte], du nom indienta-bas-kan ; [en italique dans le texte] on en fabrique avec d'anciennes douves detonneaux. » (DEFFONTAINES [Pierre]. L'Homme et l'hiver au Canada , Gallimard, Paris, 1957, pp. 142-143 [FTLFQ].)
3. « Les premiers colons doivent à nouveau se mettre à l'école indienne. Les Amérindiens avaient la« traîne sauvage », qui prend le nom de toboggan, du nom indien Ta-bas-kan, dès qu'elle est quelque peu importante. [...] Pour véhiculer le combustible nécessaire à l'entretien d'un feu continuel pendant tout l'hiver, l'habitant est amené à se fabriquer une traîne. Inspirée par la mode indienne, elle est solidement construite, car elle est appelée au transport de lourdes charges. Pierre Boucher nous rapporte dès 1664 qu'elle est employée enNouvelle-France. » (CARLE [Pierre] et MINEL [Jean-Louis]. L'Homme et l'hiver en Nouvelle-France, Collection Documents d'Histoire LES CAHIERS DU QUÉBEC, Hurtubise HMH, Montréal, 1972, pp. 23 et 24.)
4. « Y'ont passé la journée à glisser en tobaggan, dans les côtes près del'école. » (Inf. fém., 48 ans, Québec, CELM, 1960.)
5. « Pour Noël, je lui ai acheté une traîne sauvage, une tobaggan comme ondit. » (Inf. masc., 37 ans, Saint-Roch-de-Mékinac, CELM, 1982.)
6. « Comme patrouilleur, je parcours les pistes, je fais de la surveillance, pis quand y'a des blessés, on les descend avec untobaggan. » (Mélanie FILION, 19 ans, Shawinigan-Sud, CELM, 2001.)
7. « Avant de devenir le« jouet » qu'on connaît, le toboggan (mot d'origine algonquine qui signifie« traîne ») est utilisé par les Amérindiens pour le transport des charges lourdes en hiver. Plus tard, les Canadiens l'adoptent et lui donnent le nom de traîne sauvage. Sur le mont Royal, on glisse en toboggan depuis au moins 150 ans, et la tradition persiste de plusbelle. » (Hélène CLÉMENT, Glisser (vite) sur l'hiver, site Web, Montréal, 2001.)
« traîne », est emprunté à plusieurs mots indiens tousapparentés : algonquin otoban, cri otabanak, micmac tobakun, abénaki udabagan ). Le mot a aussi été adopté par l'anglais canadien sous la formetoboggan : « Indian sled, derived from CanadianFrench » (A Dictionnary of Canadianisms on Historical Principles, Walter S. Avis (ed in chief), Toronto, W.J. Gage Limited, 1967, 927 p. [DictCan]). La forme toboggan a été ultérieurement reprise en français général [1890] (GR, PR, DHLF).
Catégorie : Amérindianisme.
PÊCHE (~ BLANCHE) : locution nominale, fém.
Définition : Action de prendre des poissons d'eau douce, souvent dans une petite cabane de bois, en perçant un trou dans la glace d'un cours d'eau afin d'y introduire un hameçonappâté ; pêche sur la glace.
Exemples d'emploi :1. « On fait la pêche blanche avec des brimbales (V. ce mot, à partir de la boîte liste LEXIQUE QUÉBÉCOIS ci-contre) là sur le fleuve [Saint-Laurent]. Si tu verrais (sic) mes brimbales, tu verrais que ça se fait. C'est une méthode surtout pour le doré pis laSynonymes : Pêcheperchaude. » (Inf. masc., 76 ans, Saint-Élie-de-Caxton, CELM, 1978.)
2. « C'est ça qu'est la pêche blanche. Y [les pêcheurs] pêchent su'a glace en hiver, la pêche au doré, au brochet. Y font un trou dans la glace qui est sur le fleuve ou sur la rivière, pis y passent la ligne de leurs brimbalesdedans ; y peuvent en [des brimbales] avoir jusqu'à dix à desplaces. » (Inf. masc., 64 ans, Sainte-Anne-de-la-Pérade, CELM, 1980.)
3. « On va pêcher avec des brimbales sur la glace, la pêche blanche qu'on appelle, parce que la pêche blanche, c'est la pêchehivernale. » (Jean-Paul ARSENAULT, 45 ans, Trois-Rivières, CELM, 1981.)
4. « C'est ben connu au lac Saint-Pierre, la pêche blanche. Ça fait qu'icitte les gens ont commencé à faire pareil eux autresaussi. » (Bernard DUSSAULT, 23 ans, Batiscan, CELM, 1982.)
5. « Ben, c'est la journée blanche aujourd'hui. Ce soir, c'est le party. En journée, les gars et les filles font la pêche blanche, icitte, en avant [sur le fleuve], pis y'a un souper, pis on remet des prix aux meilleurs pêcheurs, y'a de lamusique. » (Brigitte PRUD'HOMME, quarantaine, Sainte-Angèle-de-Laval [Bécancour], 2001.)
d'hiver ; Pêche sur laglace ; Pêche à lacabane ; Pêche sous la glace.
Syntagme : Saison de la pêche blanche.
Historique : Pêche dérive du latin populaire piscare, classique piscari« pêcher » et blanc(he) du germanique occidental blank« clair, poli » (BW5). En français québécois pêche blanche- la pêche s'effectue sur laneige - est signalée une première fois, en 1983, dans la revue Sentier Chasse-Pêche (déc-janv., p.13). La locution a probablement vu le jour à la fin des années 70 quand la pêche sur glace est lentement devenue une activité économique et touristique importante. Pêche blanche est maintenant connue sur l'ensemble du territoire, principalement parmi les lieux de pêche les plusfréquentés : lacs Saint-Pierre et des Deux-Montagnes, le fjord du Saguenay et Sainte-Anne-de-la-Pérade, près de Trois-Rivières.
Catégorie : Innovation lexicale.
PEAU (~ DE LIÈVRE) : locution nominale, fém.
Définition : Gros flocon de neige humide qu'on voit davantage au printemps.
Exemples d'emploi :1. « Tantôt la neige tombe sous la forme de lourds flocons humides, elle mouille lesHistorique : Latin pellis, proprementhabits ; c'est la grosse neige, on dit qu'elle tombe en peau delièvre ; [...] c'est la neige de Noël, celle des enfants, avec laquelle on construit des bonhommes de Noël, on fait desboules ; [...] » (DEFFONTAINES [Pierre]. L'Homme et l'hiver au Canada , Gallimard, Paris, 1957, pp. 35.)
2. « Y tombait des peaux de lièvre, tu sais des gros flocons de neige humide. Je m'en revenais de la visite de mes pièges quand j'ai frappé une tempêche avec c'teneige-là. » (Inf. masc., 68 ans, Saint-Stanilas [Mauricie], CELM, 1973.)
3. « Ben des fois on voit ça au printemps, des gros flocons d'une neige très mouilleuse. Ouais, on appelle ça des peaux delièvre. » (André TOUTANT, 71 ans, Saint-Casimir [Portneuf], CELM, 1978.)
« peau d'animal », qui, dans le parler populaire, a éliminé cutis« peau d'homme » et lièvre du latin leporem, accusatif de lepus (BW5).
La locution a été relevée dans le PPQ (DULONG [Gaston] et BERGERON [Gaston]. Le Parler populaire du Québec et de ses régions voisines. Atlas linguistique de l'Est du Canada, Gouvernement du Québec, Ministère des Communications en coproduction avec l'Office de la langue française, 1980, 10 vol. [Enquêtes effectuées entre 1969 et 1973]). Peau de lièvre « flocon de neige » a été utilisée sur l'ensemble du territoire et remonte, selon nos enquêtes (CELM), au premier tiers du XXe siècle. Aujourd'hui, la locution n'est connue que de quelques coureurs des bois.
Catégorie : Innovation lexicale.
Le Coin deBrigitte : l'Ancrage
Je vous invite à communiquer avec moi si vous voulez me proposer mots, expressions, dictons et saillies verbales.
- « Quand le mois de mars entre en mouton, il sort en
lion. » (Valérie BOISVERT [information], Anne-Marie BOISVERT [collecte], CELM, 2001.)- « Quand on a l'hiver avant Noël, on est sûr d'en avoir
deux. » (Valérie BOISVERT [information], Anne-Marie BOISVERT [collecte], CELM, 2001.)- « L'hiver, une lune claire indique que les jours suivants seront
froids. »
(Steve AYOTTE [information], Marcel BASTIEN [collecte], de même que Marie-Lou MORENCY [information], Jeanne MORENCY [collecte], CELM, 2001.)- « Si les lièvres sont blancs à la Toussaint, l'hiver sera
neigeux. »
(Annie RACINE [information], Mélissa RACINE [collecte], CELM, 2001.)- « Quand les corneilles s'en vont, l'hiver est
proche. »
Julie HAGAN [information], Mariette MASSICOTTE [collecte], CELM, 2001.)- « La tempête des corneilles est la dernière grosse tempête de
l'hiver. »
(Annie RACINE [information], Mélissa RACINE [collecte], CELM, 2001.)- « Plusieurs pelures sur un oignon, c'est signe que l'hiver sera
froid. »
(Steve AYOTTE [information], Marcel BASTIEN [collecte], de même que Valérie BOISVERT [information], Anne-Marie BOISVERT [collecte], CELM, 2001.)- « Si les nids d'abeilles sauvages sont hauts, il risque d'y avoir beaucoup de
neige. »
(Steve AYOTTE [information], Jean-Marc AWASHISH [collecte], de même que Valérie BOISVERT [information], Mario BOISVERT [collecte], CELM, 2001.)- « Une fois que la neige couvre la terre, c'est signe qu'on va avoir de la neige le mois
suivant. »
(Valérie BOISVERT [information], Anne-Marie BOISVERT [collecte], CELM, 2001.)- « Sur une plaie, il faut mettre de l'onguent de neige. La
recette :
- Il doit y avoir la même quantité de graisse que de
neige ; - La neige doit être fraîchement tombée et
propre ; - Faire bouillir les deux ingrédients et retirer
l'eau ; - Remettre la même quantité de neige qu'au
départ ; - Refaire l'opération sept
fois. »
(Nathalie DELAGE [information], Jean DELAGE [collecte], CELM, 2001.)
Je vous remercie à l¹avance !
Vous pouvez me rejoindre au courrielsuivant : sefourni@sh.cgocable.ca .
Serge Fournier