
27 décembre 2001
Capsule de chez nous
par Serge Fournier
Le mot de la semaine
FLO, FLOW
FLO, FLOW[ flo ] : Nom masc.
Définition :REMARQUES : On retrouve fréquemment flo précédé des adjectifs petit et jeune.
- Fam. Enfant, adolescent.
Exemples d'emploi :
- « J'étais un flow, un gamin de la Côte. À huit ans je ne connaissais guère la Mi-Carême, qui avait jusque-là passé chez nous durant la
nuit. » (FERRON [Jacques].« Contes du PaysIncertain », p. 66, 1962,pp. 11 à 98 incl. in« Contes », Montréal, éd. HMH, 1973,210 p.)
- « - C'est sans doute un rejeton de l'émeute de 1905, se disait le curé Godfrey, un p'tit flow devenu un homme à qui le chômage et la crise ont redonné sa hart
rouge. » (FERRON [Jacques].« La Chaise du MaréchalFerrant », p. 124, éd. du Jour, 1972, 224 p.)
- « Des projets de voyages avec Anne, sa blonde. Un flo
peut-être. » (Georges-Hébert GERMAIN,« Le poète dupalmarès » [à propos de Daniel Bélanger], in L'Actualité (revue), janvier 1994.)
- « C'étaient des jeunes, des jeunes flos qui jouaient des tours aux marchands de la basse-ville, rien de ben, ben grave là. Y faut ben que jeunesse se passe comme on
dit. » (Inf. masc., 72 ans, Grande-Anse [Mauricie], 1984, CELM.)
- « [...] Perlin et Perline sont divorcés!!! Belle perspective de bonheur pour un
flo ! Les marionnettes s'envoient promener chez lediable ! Bellesmanières ! Et puis après, quel flo veut vraiment jouer à "Chicoine brasse sablonde" ? Est-ce que le flo va agir poliment quand le p'tit écran lui montre à êtreinsolent ? Pantoute! Bobino nous disait "Dis bonjour à ta maman", on disait "Bonjourmaman" ; dans Watatatow, Chicoine dit "Va chier la mère", le flo à la maison va dire quoi à samère ? Les parents sont aujourd'hui littéralement rendus à genoux devant leursflos... » (Jean-François FERLAND,« Nom d'uneBobinette ! » [opinion], in Impact Campus [journal des étudiants et des étudiantes de l'Université Laval], Sainte-Foy, 27 février 1996.)
- « Mais j'ai aussi pu constater la générosité des
" flos " dans la rue. Il y avait un vieux monsieur, un itinérant qui avait vraiment unproblème ; il était malade. Les jeunes s'en sont occupés, ils ont pris des vieilles couvertures et ils ont mis ça surlui. » (Propos de Michel BARRETTE, article de Bryan DIONNE,« Quand l'humour devient unexutoire », in L'Itinéraire [journal de rue], Montréal,mars 1998.)
- « Pis y a toute une génération de flos qui pousse pis qu'y ont le droit d'avoir le choix : parler comme ta gang ou parler pour être
compris. » (Marc LEDOUX,« L’important, c’est secomprendre », billet, in Le Reflet (hebdo), Delson, 26juin 1999.)
- « pourtant ma mère quand j'tais flo
disait qu'j'tais fin, pis bon pis beau
mais qu'ça fait mal de forcertrop »
(BOUCHER [Daniel]. « Aidez-moi », chanson du disque« Dix millematins », GSI Musique, GSIC984 , 1999.)
- « Génération Y. Ça vous dit quelque
chose ? C'est le nom donné à la "dernière génération". Pour donner des années, mettons les flos nés après1985. » (Joram,« Société » [observations merdiques], in site Internet Chialage,2001.)
- « J'ai deux flos à la maison, pis je viens quand même au cégep. C'est pas toujours facile, mais mon mari me donne un bon coup de main, ça demande pas mal d'énergie, mais je veux réussir à terminer mes
études ! » (Inf. fém., 27 ans, Shawinigan-Sud, 2001, CELM.)
- « Empêché de devenir un homme par sa mère, veuve d'on ne sait qui, et qui le cajolait trop, le fils, "un bon petit flow", est devenu "une sorte de mauvais
garçon". » (LEMELIN [Jean-Marc].« La Grammaire textuelle des Contes de JacquesFerron » [site Internet, Memorial University of Newfoundland], extrait du chapitre« La modalisationsémio-narrative », analyse du conte« Les cargos noirs de laguerre », Saint-Jean [Terre-Neuve], 16 octobre 2001.)
- Par extension. Jeune adulte ( début de la vingtaine ).
- « Elle avait le béguin pour moi, je crois, mais à l'époque, j'étais un jeune flo sans cervelle, je levais pas mal le coude et je prenais la vie pour un
carnaval... » (BEAUCHEMIN [Yves].« Juliette Pomerleau », p. 540, Éditions Québec/Amérique, Montréal, 1989, 691 p., FTLFQ.)
- « La salle silencieuse a craqué dès la dernière note, faisant dire à mon voisin (un jeune flo de 21 ans, bien calé dans son siège avec sa
bien-aimée) : " Wow, c'est beau cette chanson. Je ne savais pas que c'était une chanson d'ÉdithPiaf ". » (Échos Vedettes, 22 au 28 janv., 1994, p. 11, FTLFQ.)
- « Y a-tu plus d'endroits au monde où il y a des personnes âgées à mobilité réduite qu'à
Miami ? La moyenne d'âge, en tout cas, moi, dans mon bloc, est à peu près de 87 ans. Je suis le jeunot, j'ai l'air duflo. » (Guy CHEVRETTE, in« Journal des débats - Consultation générale sur le livre vert intitulé La sécurité routière au Québec: un déficollectif », Assemblée nationale du Québec, 1re session, 36e législature, 14 mars 2000.)
- « Y'avait deux flos, deux beaux gars par exemple, qui essayaient de nous faire de l'il. Tu
parles ! Y faudrait qu'ils se laissent sécher le nombrild'abord. » (Inf. fém., 38 ans, Trois-Rivières, 2001, CELM.)
- « Qui que vous soyez, Kia comblera vos désirs. Sa remarquable liste de caractéristiques, son imbattable rapport qualité-prix et sa rassurante garantie séduisent les jeunes flos comme les vieux
grincheux. » (Site Internet de Kia Canada, 2001.)
- « Et contrairement à ce qu'on peut penser, Cadinot ne s'est pas limité à ne nous montrer que des flos à peine majeurs; on retrouve des " vieux " fort
intéressants ! » (André SIMARD,« La rentrée avecCadinot », inRG - Le mensuel Gai des Québécois,no 229, octobre 2001, Les Éditions HMX inc., Montréal.)
- « Le
" candidat Lévesque " dans le 13, c'était paraît-il André Carle. Pas le jeune flo de 20 ans, encore auxétudes. » (Louise PLANTE,« De la graine demaire » [à propos de l'élection de Jean-François Caron, plus jeune conseiller jamais élu au conseil municipal de Trois-Rivières], in Le Nouvelliste, Trois-Rivières, 9novembre 2001, p. 3.)
HISTORIQUE : Flo, en français québécois depuis 1940, de l'anglais fellow ou felow« one, anybody » (OED) et en anglais familier« garçon » (Cassel's). Le mot, avec les sens« d'enfant et de jeuneadulte » est encore usuel partout au Québec( FTLFQ, PPQ,CELM ).
Catégorie : Emprunt à l'anglais avec adaptation phonétique.
Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-3, 5, 6, 7, 8, 9, 11 et II-3, 5, 6 et 7.L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.