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moulin à scie

Moulin à scie de Roch Julien, Lac-aux-Sables, v. 1910.


25 février 2002

Capsule de chez nous
par Serge Fournier


Le mot de la semaine
MOULIN À SCIE







MOULIN À SCIE (S)   : locution nominale, masc.

Définition :
  1. Bâtiment, usine où plusieurs scies mécaniques (aujourd'hui leur mouvement est assuré par l'électricité) débitent le bois ; scierie.

    Exemples d'emploi :

    1. « [...] pour 200 de cloud à couvrir au moulin à scie, pour la réparation de la chaussée. » (Archives du séminaire de Québec [ASQ], Séminaire C-4, p.140, Québec, 1690, FTLFQ.)

    2. « [...] un certain moulin à scie situé en la susdite Seigneurie au lieu communément appelé la rivière à la Loutre. » (Archives du séminaire de Chicoutimi [ASC], copie A.J. Malbaie, greffe Duberger, Malbaie, 13 oct. 1828, AugFor.)

    3. « Le Grand-Brûlé. - À trois lieues et demie de Bagotville, [...] Les premiers arbres ont été abattus il y a à peine six ans, et déjà cette petite colonie a tout pour grandir et prospérer, une jolie église en bois, un moulin à scies et à farine, [...] La justice veut que l'on reconnaisse la grande part de mérite qui revient aux Révérends PP. Oblats dans cette oeuvre de colonisation. [...] Le moulin à scies et à farine est leur propriété. » (PILOTE [François]. « Le Saguenay en 1851 ; histoire du passé, du présent et de l'avenir probable du Haut-Saguenay au point de vue de la colonisation », p. 72, Québec, L'Imprimerie d'Augustin Côté, 1852, 152 p.)

    4. « Voici encore ce que dit M. Rousseau dans son Histoire de M. de Maisonneuve : (p. 234) " Les seigneurs firent construire par Sicard, charpentier de Longueuil, un moulin à scie, le premier qu'on ait vu dans le pays. [...] " Or, ceci devait se passer de 1668 à 1670. » (JODOIN [Alexandre] et VINCENT [Joseph Louis]. « Histoire de Longueuil et de la famille Longueuil », p. 52, Montréal, Imprimerie Gebhardt-Berthiaume, 1889, 681 p.)

    5. « C'est M. Price [William] qui a bâti à Tadoussac le premier moulin à scies du Saguenay [en 1838], précisément à l'endroit où le gouvernement a fait installer en 1873 un bassin pour le saumon destiné à la reproduction. Plus tard, il construisit d'autres petits moulins du même genre, mus par la vapeur comme le premier, à l'embouchure de plusieurs affluents du Saguenay, et, continuant toujours de remonter la rivière étape par étape, il finit par faire placer une scierie à la rivière du Moulin, un mille en deçà de ce qui allait être quelques années plus tard le village de Chicoutimi. » (BUIES [Arthur]. « Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean : ouvrage historique et descriptif » 3e édition, p. 102, Québec, Léger Brousseau Imprimeur-Éditeur, 1896, 420 p.)

    6. « Au moulin à scie aux Piles. » (W. GRENIER, Saint-Étienne-des-Grès [Mauricie], Collection Normand Lafleur, enrg. 161, juin 1967, CELAT.)

    7. « M. Johnny Leduc fut en effet le propriétaire d'un " moulin à scies " [...] Il était différent des autres par le fait que ces derniers fonctionnaient dans le but de faire le commerce du bois alors que lui il était là pour l'utilité des colons. On y faisait un peu de tout à l'intérieur : on moulait le grain; on " embouvetait " le bois de construction; on le " planait "; etc. » (RIVARD [ Jocelyn ]. « Album souvenir du 75e anniversaire de la municipalité du (sic) Lac-aux-Sables », p. 41, Lac-aux-Sables, 1973, 72 p.)

    8. « Ils nous l'avont grignotée [la terre], bouchée par bouchée, pis ils y avont replanté du pruce pour leu moulin à scie. » (MAILLET [ Antonine ]. « Évangéline Deusse » [théâtre], Leméac, 1975.)

    9. « Je me suis rendu au moulin à scie, tous les matins, le sourire aux lèvres, monsieur. J'aimais ça travailler le bois, pis même si j'travaille pus, j'aime encore ça. » (Inf. masc., 76 ans, Saint-Thuribe [Portneuf], 1988, CELM.)

    10. « En 1736, un aveu et dénombrement du seigneur Lepage mentionne l'existence d'une telle chaussée faite de pierre sur laquelle sont érigés deux bâtiments, l'un abritant un moulin à farine et l'autre un moulin à scie. En 1802 [...] On érige alors sur l'île plusieurs hangars et entrepôts, une boulangerie de même que des moulins à carder et à fouler. [...] En 1973, le ministre des Affaires culturelles classait l'île des Moulins, arrondissement historique [...] » (Commission de toponymie du Québec. « Noms et lieux du Québec : dictionnaire illustré », p. 464, Sainte-Foy [Québec], Les Publications du Québec, 1996, 925 p.)

    11. « Moi, je suis des cours, mais je travaille aussi dans un moulin à scie. C'est payant, pis avec la machinerie, on peut dire que ce n'est pas trop dur. » (Inf. masc., 21 ans, Shawinigan, 2001, CELM.)

    12. « Dans les plans, on veut ouvrir la petite scierie au public, renouveler partiellement l'exposition du moulin à farine et on entrevoit même la possibilité de réactiver le mécanisme du moulin à scie pour le faire fonctionner de nouveau comme jadis. » (Linda CORBO. « Un second souffle : La petite scierie du Moulin seigneurial revivra à Pointe-du-Lac », article du quotidien Le Nouvelliste, p. 36, Pointe-du-Lac [Trois-Rivières], 17 oct. 2001.)

SYNONYMIE : Moulin, moulin à scier, moulin à bois (1970, Chicoutimi, LavSag), moulin à planches (vieilli), moulin à scier des planches (id.), moulin chaussier (id.).

HISTORIQUE : Moulin est issu (1140) du bas latin molinum, dérivé de molere « moudre ». Le mot désigne une machine à moudre le grain et le bâtiment où se tient cette machine. Par analogie de fonction, le mot s'applique à diverses machines : on parle ainsi de moulin à papier, d'abord molin a papier (1381-1382), puis au XVIIe s. des machines à broyer les oléagineux (1641), à mouliner la soie (1678), à moudre le café (1690), moulin à café. (DHLF). Aussi moulin à scier « machine à scier » (1670), moulin à scie « moulin à eau propre à scier le bois en planches » (1690), (FEW). Les deux locutions ne se trouvent plus en français actuel.

En français québécois moulin à scie « scierie » (1685, FTLFQ) est relevé par la plupart des lexicographes (Clapin 1894; PPQ 1980). La locution est encore connue sur l'ensemble du territoire (PPQ, FTLFQ, CELM).

Catégorie : Archaïsme.




Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-3, 4, 5, 7, 8, 10 et 12.



L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.

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