
1er mars 2002 |
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Chroniques La mémoire au jour le jour par Réjean Bonenfant DE LA TABLE D'HÔTE AU MENU DU JOUR C'est bien connu, une vénération trop grande tue souvent l'objet même de cette vénération, l'isole sur l'autel de l'unicité, lui fabrique une table à une patte qu'il nous plaît souvent de nommer piédestal. C'est ainsi que j'ai longtemps considéré la poésie, celle des autres, lointaine, et la mienne improbable. La poésie, c'était la table d'hôte de ma lointaine smala, les canneberges du réveillon de Noël que l'on n'entrevoyait qu'une seule fois par année. Et c'était pour la visite. Comme la dinde. Je regardais la poésie comme un adolescent boutonneux aurait regardé Sophia Loren prendre son bain. Donalda Laloge, en vantant les mérites d'un café bon marché à la télé de mon adolescence, nous avouait qu'elle avait son petit coin préféré pour écrire ses Voilà un long préambule. Je suis encore dans l'octave et l'effluve d'un spectacle de poésie, Un chemin de voix, que la Société des Écrivains de la Mauricie a présenté à la Maison de la Culture de Trois-Rivières il y a quelques jours, le vendredi 22 février. Dans une mise en scène intimiste de Gilles Devault et une disposition scénique d'Alain Fleurent qui n'était pas sans rappeler le ciel et l'enfer de William Blake, nous avons entendu sept Après la représentation, le Zénob avait des airs de Festival international de la Poésie. Sophia Loren était là, à chacune des tables. Je n'y ai pas vu aucun adolescent boutonneux, de toute façon, ils n'ont pas l'âge requis pour entrer au Zénob. Une fois de plus, nous avons testé l'endurance des waiters jusqu'à au moins une heure après le dernier last call. J'ai naturellement offert le gîte au sieur Boisvert. Je n'inventais rien, le chansonnier Manu Trudel l'avait déjà dit dans une toune dédiée au poète Jean-Paul Ils s'en vont tout' chez Réjean, hi han hi han hi hanSamedi matin, pas de mal de bloc. Disons samedi midi. Carl Lacharité me rejoint pour finaliser une demande de subvention et Yves Boisvert s'installe devant nous pour corriger le jeu d'épreuves de Bang, son recueil qui paraîtra aux Écrits des Forges le 11 avril prochain dans le cadre du Salon du livre de Trois-Rivières. Un beau et nécessaire recueil que j'ai eu l'occasion de lire. Du Boisvert à son meilleur qui parle de tous les oppresseurs, de toutes les victimes, et parfois on ne sait plus qui est qui. C'est qu'un poète, un vrai, monte la garde du monde, et il ne se laisse pas museler, même par tous les 11 septembre possibles. ![]() Yves Boisvert et Carl Lacharité à l'Espace En face du musée à Sherbrooke (Photo : Pierre Labrie, sept. 2001) Après ces travaux forcés de l'écriture que constituent les demandes de subvention et les corrections d'épreuves, Carl Lacharité, Yves Boisvert et moi, nous nous sommes mis à l'écriture, parfois en se servant d'un mot ou d'un vers de l'un, de l'autre, et c'est ainsi que 27 poèmes sont nés, ce qui constitue un excellent ratio en raison du nombre de bières ou de bloody mary qui ont servi de déclencheurs. Ou de carburant. Il s'agit là de poèmes liquides. Je cède au plaisir, avec sa permission, de vous transmettre un des textes de De rêves donc et de réalitésIl m'est arrivé à quelques occasions d'ainsi participer à ces quasi marathons. Avec Paul Dallaire, Pierre Labrie, Bernard Pozier, Bruno Roy, Christine Germain, Tony Tremblay et quelques autres. Toujours je crois me retrouver dans les ateliers de création de Gatien Lapointe il y presque trente ans que je fréquentais à l'occasion à l'invitation de Gatien. J'ai ainsi vu naître des recueils, autour de ma table de cuisine. Tout n'est pas à |
![]() Bernard Pozier, Yves Boisvert, Réjean Bonenfant et Paul Dallaire en session d'écriture à la galerie d'art r3 de l'UQTR (octobre 2001)
Le chroniqueur en moi se réveille. Parenthèse donc. Le concours littéraire de la Société des écrivains de la Mauricie est maintenant en marche. Il porte, depuis cette année, l'appellation Prix Clément-Marchand. Il est ouvert aux gens de la relève littéraire, âgés d'au moins dix-huit ans, qui résident dans les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Ce prix couronne la poésie et la prose. Pour cette dernière, il faut soumettre un texte inédit d'entre 15 et 20 pages alors qu'en poésie il faut envoyer de 10 à 15 pages.
Vous désirez envoyer un message à l'auteur, communiquez avec lui.
Il y aura un grand prix d'une valeur de 1000$ et une mention de 500$ qui seront accordés aux lauréats qui se verront également offrir un service de parrainage professionnel afin de peaufiner le texte en vue de sa publication à l'automne en un livre unique. Les manuscrits doivent être envoyés pour le 30 avril prochain
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Le plaisir d'écriture de Serge Mongrain est palpable, reconnaissable, et il alimente le nôtre. À un certain moment, la radio ![]() Photo inédite de Serge Mongrain
par Daniel Dargis ![]() © Réjean Bonenfant & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (1999-2002) Tous droits réservés. |