

8 avril 2002
Capsule de chez nous
par Serge Fournier
Le mot de la semaine : PEP
PEP: Nom masc.
Définition :SYNONYMIE : du go ahead ( CELM ).
- Dynamisme, entrain, énergie.
Exemples d'emploi :
- « [...] on a joué, mardi dernier, la troisième partie de la saison et on se serait cru dans les dernières tant il y avait du
« pep » chez les joueurs[...]. » (Journal Le Soleil, Québec, p.7, c.4, 3 janv. 1923, FTLFQ; aussi dans Dictionnaire du français québécois – Volume de présentation, sous la direction de Claude POIRIER, P.U.L., Québec, 1985.)
- « Un nombre incalculable de ménagères prennent de ces amphétamines pour maigrir ou se donner du
« pep ». Or, les amphétamines tuent littéralement d'autant plus qu'il y a une accoutumance aux« speed ». C'est en pensant aux amphétamines que je prétends que les adultes, de bonne foi souvent, se droguentvraiment. » (A. BOUDREAU, propos recueillis par Jean BASILE,« Il faut faire connaissance avec ladrogue », journal Le Devoir, 24 nov. 1970, p.11, c.06, NéoClas.)
- « Momo était tout fier de lui, tout plein de pep, Momo avait hâte au lendemain parce que le lendemain Long Cheveux et tous ceux que Longs Cheveux lui avait fait connaître l'autre soir, au Brodmoor Hôtel,
[...] »
(BEAULIEU, Victor-Lévy.« Oh Miami, Miami,Miami », p.147, Montréal, éd. du Jour, 1969, 186p., NéoClas.)
- « De charmants étudiants plein d'pep (hep! hep!)
M'ont invité à leur Cégep
Pour aller jouer d'la belle musique (zizique)
Pas pour faire mon grand alcoolique (hic!hic!) »
(Plume LATRAVERSE. « Jonquière », chanson, 1975.)
- « Une fille pleine de pep qui fait ses études et qui fait partie de l'équipe de
basketball ! » (Inf. masc, 38 ans, Trois-Rivières, 1982, CELM.)
- « Un serveur costaud et pressé me pousse littéralement et j'atterris sur une banquette. Le café est tiède, les rôties anémiques et mes oeufs me regardent avec lassitude. Rien pour vous mettre du
" Pep " dans lessouliers. » (« Les aléas des voyages organisés enautocar », Les conseils de Jacline, Site Saveurs du monde, MSCOMM, 2000.)
- « Je me demande si ça leur donne du pep que la foule les encourage ou si ça leur
nuit. » (Fred PELLERIN (conteur), dans« Fred à laplage », reportage de Diep TRUONG, Radio-Canada, Ottawa, 22 juillet 2001.)
- « C'est pas les dimanches à ville d'Avray c'est les dimanche [sic] à Ville Marie dimanche froid et monotone sans ce petit sursaut ce petit pep que donne la partie de football
dominicale. » (SAULNIER, Bernard .« Bowl », dans « Petit gars (et autrestextes) », Éditions Hache, 2001.)
- « Normalement, je devrais me dire que ce n'est qu'une médaille en parallèle et ne pas y porter attention [...] Toutefois, me retrouver sur le podium me donne du pep à moins treize jours des Jeux
olympiques. » (Stéphane ROCHON (bosseur), dans« Une première médaille d'or pour RachelBelliveau », reportage de Peter DUNCAN, RDS (Réseau des sports), Montréal, 26 janvier 2002.)
SYNTAGMATIQUE : être plein de pep, manquer de pep, mettre du pep, se donner du pep, pep talk« discours d'encouragement » ( CELM ).
DÉRIVÉS : peppé « qui a du pep », pepper « donner du pep » (CELM).
HISTORIQUE : Pep, nom masc. est un emprunt( 1926 ) à l'américain pep( 1912 ) « brisk, energy, vigor,go » ( OED ) courant dans l'usage familier avec le sens de« dynamisme ». Le mot est l'abréviation de pepper« poivre » au sens figuré de« entrain, dynamisme » ( DHLF ).
En français québécois pep est attesté depuis 1923. Le mot, seul ou en locution, est courant.
Catégorie : Américanisme.
Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-4, 7, 8 et 9.
L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.