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shed

« À Saint-Narcisse, la ferme d'Alphonse Bonenfant comptait plusieurs sheds adossées aux bâtiments principaux. »
(Vers 1950, Archives familiales A. Bonenfant.)



6 mai 2002
Mise à jour : 9 mai 2002

Capsule de chez nous
par Serge Fournier



Le mot de la semaine
       SHED, CHÈDE








SHED, CHÈDE  . : Nom fém., parfois masc.

Définitions :
  1. Local sans aménagement, souvent formé d'une couverture soutenue par des supports, destiné à protéger du matériel, certaines marchandises; hangar, remise, appentis.

    Exemples d'emploi :

    1. « Doué d'un courage à toute épreuve, il [le révérend Hyacinthe Hudon] s'était chargé de presque toute l'administration des Sheds, où gisaient les pestiférés irlandais [700 à 800 personnes atteintes du typhus lors d'une traversée Angleterre-Canada en 1847], et de payer les employés; il fut victime de son dévouement civique et expira après treize jours de fièvre typhoïde [...]. » (BIBAUD [Maximilien]. « Dictionnaire historique des hommes illustres du Canada et de l'Amérique », p.148, Montréal, Presses de P. Cérat, 1857, 389 p., ICMH [Institut canadien de microreproductions historiques].)

    2. « Q. : – [...] la porte de cour ne faisait pas la porte de la shed, elle était en dehors de la shed ?
         R. : – Du moment que la porte de cour était ouverte, elle accottait [sic] sur la shed.
         Q. : – Elle était à côté ?
         R. : - Elle accottait [sic] sur la shed. »
      (Archives nationales du Québec [ANQ], Cour d'appel, cause no 6, 1898, Factum de l'intimé, Québec, doc. du 8 nov. 1897, p. 62, FTLFQ.)

    3. « -Tessier.– Si vous voulez m'insulter, je vous parlerai du planchéiage du shed de l'hôpital de la Marine. » (LAPERRIÈRE [Augustin]. « Les guêpes canadiennes », p.117, Ottawa, A. Bureau Imprimeur, 1881, 404 p., ICMH.)

    4. « J'pars, pis j'm'en vas aux toilettes, pis en r'venant i' faisait frais en dehors d'la shed, mon vieux, ha. I' avait beaucoup des p'tits trucks qui étaient accotés là, en dehors d'la shed; pis i' avait pas d' monde; on travaillait rien qu'une gang c'te nuit-là. » (Archives de Folflore, coll. Perrault 1075, Île-aux-Coudres [Charlevoix], 1962, FTLFQ.)

    5. « [...] il s'est retourné m'a fait un signe avec son pouce vers les nuages, puis d'un coup de pied il a repoussé l'échelle vers la maison; elle est tombée comme il l'avait dit, derrière la shed à bois. » (GODBOUT [Jacques]. « Salut Galarneau ! », p.127, Paris, éditions du Seuil, 1967, 155 p., NéoClas.)

    6. « [...] pis l'autre shed en arrière qu'y a vingt mille piastres de machinerie, tu l'as pas vidée, est pas assurée. » (BEAUCHEMIN [Normand] et MARTEL [Pierre]. « Recherches sociolinguistiques dans la région de Sherbrooke. Échantillon de textes libres n°II », [Sherbrooke], 1975, p.234 [autres exemples p. 63, 73, 74], N. Beauchemin et P. Martel, document de travail n°9, VI-267 p., FTLFQ.)

    7. « Ma porte de shed chante ben mieux qu'vous.
         A'est ben moins raide que vos deux g'noux.
         Vot'Chapdelaine autour du cou.
         M'donne mal à l'aine, me met tabou.
         J'aurais donc dû... qu'a l'est dondaine.
         A'm'dit qu'a m'aime. »
      (LATRAVERSE [Plume]. « Cris et écrits (dits et inédits) : Plume la traverse... l'époque », p.101, Verchères, Les Éditions Rebelles, 1983, 306 p.)

    8. « Ça pas été long, j'ai mis tous ces cossins-là [v. ce mot à la fenêtre Lexique québécois] dans la shed en arrière de l'étable. Je m'occuperai de ça plus tard. » (Inf. masc., 29 ans, La Tuque, 1986, La Tuque, CELM.)

    9. « Et si vous avez une cheminée [...] ne faites jamais sécher le bois à l'intérieur, car il dégage des moisissures et des bactéries. Nos ancêtres savaient qu'on gardait la shed à bois à l'extérieur [...]. » (Revue Châtelaine, juin 1992, p. 32, FTLFQ.)

    10. « Les contracteurs, ceux qui étaient en charge des chantiers [v. ce mot à la fenêtre Lexique québécois], faisaient construire un petit hangar ou shed dans lequel étaient entreposés des barils de mélasse, de lard, de farine, de fèves et des ballots de morue pour l'année suivante. Et lorsque les portages [v. portager à la fenêtre Lexique québécois] étaient en mauvaise condition, les bûcherons devaient se contenter des provisions mises en réserve. » La paroisse de Ste-Anne-de-Madawaska », site Internet « Mémoire de famille - Familles québécoises et acadiennes », 1999.)

    11. « [...] plusieurs Français avaient écrit à Marsan pour lui dire que le Québec n'avait rien à apprendre aux Français. Que pour chaque " start-up " écrit dans un journal de Paris, il y avait un " tire ", une " shed " ou un " windshield " prononcé à Montréal. Je suis bien d'accord. La grande différence c'est qu'à Montréal, ces expressions ne se retrouvent justement que dans la rue. Pas dans les journaux, ni à la télé. » (LAGACÉ [Patrick]. « La France de Jean-Sé, l'Amérique de Halliday », Chronique, site Multimédium, 20 avril 2000.)

    12. « Ti-Coune et Rose-Aimée, le dos appuyé contre la vieille shed d'où montait un fumet d'urine, d'huile à chauffage et de vieux prélart, suivaient en silence le déroulement de la partie. » (BOURNIVAL [Louis]. « Les deux pieds dans le Saint-Maurice », p.191, Chicoutimi, Les Éditions Félix, 1999, 213 p.)

    13. « [...] nous nous arrêtons à une maison. [...] En arrière, une " shed ", hangar à bois [...] » (TRUDEL [Marcel]. « Saint-Narcisse-de-Champlain, au pays de la Batiscan », p.112, Impr. Litho Acme-Renaissance, Québec, 2001, 214 p.)

    14. « Le régime [Parti libéral du Canada] que vous endossez aujourd’hui verse quotidiennement dans la médiocrité, les demi-vérités, le mensonge, les reniements, et les petits marchandages de toutes sortes. Vous êtes au service d’une formation qui sabote depuis longtemps les fondements de la vie économique dans la péninsule gaspésienne. Sa législature, ses politiques, sa technicité, sa bureaucratie favorisent plutôt l’industrie du copinage. Comme le diraient si bien nos grands-pères, il y a des rats dans le " shed " à farine. » (LANGLAIS [Gaston]. « Gaspésie - avec l’énergie du désespoir », Lettre à Georges Farrah [député] pour l’Action des Patriotes gaspésien(ne)s, Percé, Tribune libre du site Vigile.net, 6 avril 2002.)

    SYNTAGMATIQUE : shed à bois (courant), shed à foin, shed à fumier, shed à voitures, shed à moutons, shed à poissons, champ de la shed (PPQ).

  2. Foresterie. Long hangar où l'on remise le bois sec et les bois d'une certaine valeur, en forme de « L », plus haut que profond, garni de plusieurs portes doubles et divisé en sections pour recevoir les pièces verticalement. (AugFor).

    Exemples d'emploi :

    1. « Nos sheds sont pleines. » (AUGER [Pierre]. « L'État actuel de la langue des travailleurs dans l'industrie et le commerce du bois dans la province de Québec », D.E.S., Université Laval, Québec, 1969, XXII, 360p. + fig. et cartes.)

    2. « Ben oui ! On avait des sheds spéciales pour conserver le bois précieux, pis le bois sec. Ce sont des sheds de grandes dimensions. » (Inf. masc. 73 ans, Bécancour, CELM.)

HISTORIQUE : Chède de l'anglais shed (1830) « a slight structure built for shelter or storage, or for use as a workshop, either attached as a lean-to to a permanent building or separate; often with open front or sides » (OED) est usuel sur l'ensemble du territoire québécois avec l'acception générale de « hangar appentis ». Le sens II, spécialisation de la première acception, est plus récent (début du XXe s., CELM).

Catégories :
  1. Anglicisme lexical modifié phonétiquement;
  2. Innovation sémantique.



Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-1, 3, 11, 12, 13 et 14.



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L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.

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