
11 novembre 2002
Capsule de chez nous
par Serge Fournier
Le mot de la semaine
BINGO
BINGONom masc. :
Définitions :HISTORIQUE : Mot américain, altération de bing
- Jeu de hasard tenu en public, dans lequel chaque participant dispose d'une ou plusieurs cartes où sont distribués des carreaux numérotés correspondant à des lettres et des chiffres inscrits sur des boules qui sont tirées au
sort ; le gagnant est celui qui peut couvrir cinq cases d'une rangée.
Exemples d'emploi :
- « [...] le bingo de ce soir ferait un fameux gâchis de jetons et de sièges renversés. Le brave commandant tenait à ce que les experts de Montréal qui viendraient installer l'arène pussent travailler dans la propreté et que la salle ne laissât pas de trace de l'orgie du
bingo. " » (Roger LEMELIN.« Au pied de la PenteDouce », p.191, Montréal, Éditions de l'Arbre, 1944, 333 p., FTLFQ.)
- « [...] inaugurer un nouveau genre de spectacle susceptible d'accrocher la jeunesse du Québec et peut-être, la jeunesse
d'ailleurs ; au lieu de cela, le" bingo " a tué tous les espoirs dansl'uf. » (Spectacle. Échos Vedettes, vol. 10, no 49, 16 déc. 1972, p.16, c.04, NéoClas.)
- « Après le buffet, les chansons à répondre et la danse vont bon train. On a du mal à se reconnaître entre cousins. Les tantes et les oncles s'émerveillent de voir les jeunes grandir si vite, et s'attristent
( ou seréjouissent ) d'en voir vieillird'autres ! Cela finit presque toujours par un bingo ou une partie de carte d'où l'on repart les poches vides ou riche commeCrésus. » (Dominique MANDRON-NADEAU.« Le temps desfêtes », DÉCO, vol 01, no. 05, déc. 72, c. 02, NéoClas.)
- « [...] je viens de gagner mille piastres au bingo
paroissial ! » (Michel CAPISTRAN.« Bingo », Montréal, L'Aurore, 1974, 221p., FTLFQ.)
- « CHANCEUX : il gagnait assez souvent à des tirages, lors de parties de cartes. Il a gagné une laveuse à vaisselle lors d'un bingo au congrès de coiffure tenu à l'hotel [sic] Lapointe de
St-Jérôme. » (Isabelle ROBERGE. Témoignage dans« L'Oiseau migrateur[ à la mémoire de Gilles Bonenfant1949-1972 ] » [collectif], p.53, éditions de la Catalogne, Coll. Le Galendor #3, Saint-Narcisse, 100p. 1978, Archives familiales Bonenfant.)
- « L'âge
d'or ! Une gang de p'tits vieux qui retombent en enfance, qui ont d'la misère à tenir leu' bol de thé parce qu'i' tremblent trop, qui jouent au quatre-sept, qui boitent un quadrille joué par un zigonneux qui fausse à toutes les deux notes, qui jouent aubingo. » (Bertrand B. LEBLANC.« Faut divorcer ! », T. 1,« Le Chant ducoq », p.45, Montréal, Leméac, 1981, 111 p.[ Coll. Théâtre,93 ], FTLFQ.)
- « SUPER BINGO. Organisé par l'exposition de
Trois-Rivières » (Annonce dans L'Hebdo du Saint-Maurice, 23 juillet 1990, p.21, FTLFQ.)
- « En théorie, bien sûr, une forme d'organisation régissait ces
débordements : des compétitions de canotage et de tir au pigeon, d'autres épreuves de force et d'habileté étaient inscrites au programme, sans oublier le bingo monstre qui plongerait la totalité du patelin [...] dans une ferveur quasimystique. » (Louis HAMELIN.« Cowboy », p. 379, Montréal, XYZ Éditeur, 1992, 420 p., FTLFQ.)
- « La corporation du Noël du bonheur et la maison des jeunes l'Accoudée ont décidé de s'associer pour financer leurs activités en organisant un bingo tous les jeudis, de 12 h 45 à 16 h, à la salle carrefour les Saules, 5150, boulevard de l'Ormière, et ce, jusqu'au 9 novembre de l'année prochaine, en offrant des prix en argent de
3500 $ chaquesemaine. » (Journal Le Soleil, 1993, 28 déc., p. A6, FTLFQ.)
- « Je leur préférais les personnages secondaires que je trouvais
comiques : le zouave et son costume ridicule, qui parlait de la guerre comme d'une partie de bingo, l'aubergiste et sa sur, la belle Elfy, que j'aurais voulu avoir comme cousines pour boire du lait frais et gober des ufs crus[...]. » (Michel TREMBLAY.« Un ange cornu avec des ailes detôle », p.42, Montréal - Arles, Leméac - Actes Sud, 1994, 249 p., FTLFQ.)
- « Non, mais c'est
vrai : vous avez souvent tendance à vous moquer des petites gens, de leurs habitudes et de leurs passe-temps. À vos heures, vous faites trèssnobs !
Qu'est-ce que tu veux, Manon, lance PB en revenant destoilettes : moi, le bingo, j'aime pas ça.
Et parce que t'aimes pas ça, ça devient ridicule. Mais fais attention, PB, parce que sais-tu ce qu'ils font, les snobs, quand ils sont tannés de s'ennuyer dans leur petit confortplate-plate ? Ils se font écologistes et se mettent à toutrécupérer : le verre, le papier, le plastique, mais aussi les chansons country, les bottes de cow-boy et les hot-dogparties. »
(Alain BEAULIEU.« Fou-Bar », pp. 156-157, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1997, 228p., FTLFQ.)
- « " Le bingo ne progresse pas quant au renouvellement de sa clientèle, a diagnostiqué M. Huot. Les gens ont encore l'impression qu'il est joué dans des vieilles salles enfumées, mais ce n'est pas le cas. Nous sommes installés dans un environnement moderne et
confortable. " » (Propos de Roch HUOT cité par Richard BIRON,« Concertation pour sauver le bingo[ L'industrie a du mal à renouveler saclientèle ] », Le Nouvelliste, 4 nov. 2002, p.3, Trois-Rivières.)
SYNTAGMES : salle debingo ; soirée debingo ; jeu debingo ; jeu de bingovirtuel ; licence debingo ; partie debingo ; Loto bingo.
REMARQUES : Le bingo occupe une place bien à part. Au même titre que les jeux de cartes pour de l'argent et les tombolas, il fait partie intégrante de la vie sociale des Québécois depuis longue date et sert à financer de nombreux organismes religieux et charitables uvrant contre la pauvreté, l'analphabétisme et la violence faite aux femmes, par exemple.
- Fam. Interjection pour annoncer une position gagnante au jeu de bingo, aussi pour signaler un événement inattendu et son résultat généralement heureux.
Exemples d'emploi :
- « Quand je commencerai à sentir, les voisins vont appeler la police. Bingo,
Taubin ! Y vontt'avoir. » (Jean-Jules RICHARD.« Centre-ville », p.73, Montréal, éd. L'Actuelle, 1973, 232p., NéoClas.)
- « [...] Ben des trente sous... Trop de trente sous... jusse des trente
sous ! ...Bingo ! ...Bingo ! ...Bingo ! ... C'est moi qui gagne[...] » (Victor-Lévy BEAULIEU.« En attendantTrudot », p.37, Montréal, éd. L'Aurore, 1974, 73p., NéoClas.)
- « En fait, la samba a commencé voilà plusieurs mois. Quand Mario s'est porté candidat à la Course autour du monde. 500 candidats. 75 sélectionnés. Puis huit, quatre, deux, bingo. Les deux survivants de l'implacable sélection sont Mario Bonenfant et Georges
Amar. » (Jean-Marie BERTRAND.« [ 22 pays visités dans le cadre de "La Course autour dumonde" ] C'est comme 22 livres dont je n'aurais lu que lapréface ! [ Connaissez-vous VRAIMENT... MARIOBONENFANT ? ] », Le Journal de Montréal, 21 mars 1983, Archives familiales Bonenfant.)
- « Sa mère répond et m'apprend que Myrtille est sortie et ne devrait pas rentrer avant "un-bon-bout-de-temps-elle-sort-tellement-peu-souvent-ce-pauvre-chou". C'est donc bingo pour "faire tendresse" ce soir, raison de plus pour aller renifler les blancs dessous des
Précieuses. » (Jacques BÉLANGER.« Alexandra Wong », p.53, Sillery, Septentrion, 1990, 297p., FTLFQ.)
- « Je viens de recevoir les résultats du test du ministère.
Bingo ! J'ai passé l'Épreuve uniforme, pis avec une grosse note à partça ! » (Inf. fém., 20 ans, Trois-Rivières, 2000, CELM.)
SYNTAGMES : Crier bingo.
« interjection suggestive of a ringingsound » ( Webster ).
Le jeu de bingo nous vient des États-Unis et connaît une grande popularité au Québec à partir de 1930. L'interjection« cri d'une personne qui gagne aujeu » ( aussi vers1930 ), puis« manifestation pour signaler unévénement » est encore largement répandue sur tout le territoire québécois.
Catégories :
- Américanisme.
- Id.
Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-5, 12 et II-3.
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vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.