
13 décembre 2002 |
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Chroniques La mémoire au jour le jour
par Réjean Bonenfant DING DINGUE DONG Quand sonnera minuit au beffroi da la petite église de mon enfance, ding, dingue, dong, un certain voile de tristesse enneigée me murmurera qu'il s'agit peut-être de mon dernier Noël. Comme à chacune des quelque cinquante années depuis que m'est advenu l'âge de raison, depuis que la conscience malheureuse du monde et de moi-même m'habite et me donne le juste poids des gens et des choses. C'est un peu désolant pour le noctambule que je suis de changer d'âge quatre jours avant Noël, en plein solstice, en cette nuit la plus longue de l'année, et de prendre conscience des rudesses du temps qui passe. De ses traces. Et comme Noël me branche sur mon enfance ainsi qu'on brancherait un ordinateur sur une lampe à l'huile, je succombe aisément à une certaine Je vis depuis quelques semaines une expérience extraordinaire de nouveauté qui m'exalte en même temps qu'elle me fait prendre conscience du temps qui passe, du temps qui a passé. J'ai reçu un courriel d'un ami proche entre mes seize et vingt ans et dont je n'ai eu aucune nouvelle depuis trente-quatre ans. C'est suffisant pour douter de la réalité de la chose. Je ne savais même s'il se trouvait du même côté des choses que moi. Pour s'amuser, il a écrit mon nom, et celui de ses anciens copains du temps de l'École normale Duplessis, sur le clavier de son ordinateur et il m'a retrouvé sur quelques sites, a lu quelques-uns de mes textes, a décidé d'entrer en contact avec moi. Depuis, nous échangeons des courriels, nous nous racontons nos vies, à rebours, ce que nous savons de ce qui est advenu de nos amis communs. Et nous commençons peu à peu à parler de nous-mêmes. Dans son dernier envoi, il m'envoie un poème de moi, écrit à l'âge de seize ans, et qui s'était mérité une mention dans un concours de poésie. Non, je ne succomberai pas à la nostalgie. Pas aujourd'hui. Soyons un peu plus La filière culturelle trifluvienne ! Je reviens dans ma petite ville de province après trois jours dans la grande ville d'Hochelaga où j'ai participé à la réunion du Comité Trans-Québec, où j'ai assisté à l'assemblée générale de l'Union des scribes québécois; où j'ai dansé et mangé des huîtres au Jubilé d'argent de la dite association. La mafia culturelle trifluvienne y était à l'honneur c'est Tod G. Slone qui serait content d'entendre le poète et libraire Guy Marchamps Hier 12 décembre, le poète, comédien, metteur en scène, et néanmoins enseignant au Cégep de Trois-Rivières, Gilles Devault, assurait la mise en place et la scénographie du récital de Monique Juteau et de Larry Tremblay à la Maison de la culture Mont-Royal, dans un environnement de musique indienne. Quant au peintre Gilles Devault, il expose actuellement, et cela jusqu'au 5 janvier, au Zénob de la rue Bonaventure à Trois-Rivières. L'exposition vaut le détour car Devault, qui nous a habitué à ses représentations de fleurs et de chats, nous propose ici une série de natures mortes Quant au Zénob lui-même, on vient de célébrer son 17e anniversaire, ce samedi 7 décembre. Que de souvenirs pour nous tous qui étions des habitués du Bar Touristique de la rue Hart, un key-club emménagé dans un sous-sol où se réunissait une faune culturelle trifluvienne bigarrée, et qui du jour à son lendemain, a migré vers ce demi-sous-sol qu'est le Zénob. Lentement, nous sortions de terre, nous gagnions un mètre, juste ce qu'il faut pour admirer la lumière du jour et pour faciliter le retour à la nuit après les libations coutumières. En direct de l'absolu... une invitation Il est un auteur de théâtre qui uvre depuis fort longtemps sur les différentes scènes trifluviennes et parfois européennes, jamais montréalaises et dont le caractère nécessaire et unique de l'écriture ne se dément pas. Il s'agit de Serge Brosseau qui a longtemps écrit et joué pour les enfants. Il y a quelques mois, il a présenté, à la suite d'une exposition du même nom, Dans un texte intitulé ![]() Après cette première incursion au royaume de la folie amoureuse qui ne peut humainement s'éteindre, Serge Brosseau s'est remis à la tâche et il a écrit En attendant la représentation, voici une partie du credo de Serge De la musique avant toute chose Il est un animateur culturel à Trois-Rivières dont nous ne parlons pas souvent, mais avec qui il faut compter désormais. Il s'agit d'Éric Laprade, graphiste issu du milieu des affaires qui, en deux ans, s'est hissé au rang des artistes qui se produisent le plus en spectacle. Depuis quelques semaines, il siège au Conseil d'administration du Conseil de la culture et des communications de la Mauricie comme représentant des interprètes à la table sectorielle du même nom. Il y a deux ans, Éric Laprade s'est mis à l'étude de la musique, particulièrement du jazz, ce jazz dont la romancière Andrée Maillet, dans son roman Le plus extraordinaire, c'est que le percussionniste Éric Laprade est en train de créer un besoin, une demande. Des lieux qui n'étaient pas ouverts aux représentations musicales le sont désormais. Il se produit le lundi au Maquisart de la rue des Forges dans l'atmosphère feutrée d'un club un peu rétro avec ses nappes et ses chandelles. Il se produit au Bar l'Hexagone de l'Hôtel Delta lors des Sushi Jazz, au moment du cinq à sept et du souper les vendredis soir. Il se produit au Saint-André, au Comic. Il y a quelques jours, il s'est produit au Zénob en compagnie du contrebassiste Philippe Roy, du pianiste Guillaume Marchand et de la chanteuse Gisèle Biron. Nous avons eu droit à de grands classiques tels Les divers groupes d'Érick Laprade reçoivent souvent des invités comme Guy Marchamps, François Boutin, ce qui permet aux différents publics d'apprécier des talents variés et reconnus. Sa programmation des prochaines semaines est bien garnie. Il s'agit quasiment d'un phénomène car lui et ses ensembles détiennent le record du nombre de spectacles en Mauricie depuis un an. C'est aussi un rendez-vous. En route vers l'autonomie Lors d'une récente et brève apparition à Radio-Canada-Mauricie il y a quelques jours où l'on demandait à quelques écrivains de faire des vux de Noël à leurs lecteurs, j'ai suggéré à tous les parents d'offrir un livre à leur enfant pour Noël afin de lui permettre de rêver le monde, afin de lui apprendre à devenir autonome. C'est là une de mes convictions profondes que quiconque s'adonne à la lecture ne s'ennuie jamais. La lecture n'est pas seulement un passe-temps, ni un J'ai le souvenir de mes enfants, à deux ou trois ans, qui faisaient mine de lire au salon pendant que leurs père et mère lisaient dans des fauteuils voisins. Et des livres de matière plastique avec lesquels ils pouvaient prendre leur bain. Un livre cesse d'être un bibelot ou un objet rare quand il réussit à acquérir un statut de normalité, quand il commence à faire partie de la vie ordinaire. Il existe de nombreux ouvrages, des contes notamment, destinés aux enfants. Il y a toute une littérature pour la jeunesse, d'innombrables romans. Souvent, la transition ne se fait pas entre la littérature jeunesse et la littérature dite pour adultes. Des enfants qui ont beaucoup lu dans leur enfance ne franchissent jamais le cap qui les amènerait à ce que nous appelons la grande littérature. Il faudrait s'interroger sur les recettes de livres telles que préconisées par certaines maisons d'édition pour la jeunesse. Le carcan obligé des auteurs pour la jeunesse nous apparaît aussi contraignant que celui imposé aux auteurs de manuels scolaires. Mais ce n'est pas mon propos d'entamer ici une polémique à ce sujet. Invitation à la lecture Les laissés-pour-compte ont longtemps été les adolescents. Au niveau du théâtre, il se réalise maintenant un vrai théâtre pour adolescents grâce entre autres aux Diane Bellemare et Jean Laprise de Après quelques parutions, notamment un beau recueil de Louise Dupré, trois autres recueils viennent de paraître qui sont destinés aux adolescents. Des commandes ont été cette fois acheminées à Serge Patrice Thibodeau, à Louise Desjardins et à Roger DesRoches. Dans Dans Roger Des Roches, dans On le constate aisément, la poésie réside aussi dans la simplicité. Ces trois recueils représentent des moments forts de la vie de tout adolescent et constituent une excellente entrée en poésie. Chapeau à ces trois poètes reconnus qui se sont rappelés, pour notre plus grand bonheur, l'adolescent qu'ils ont été. Et quelques rires dans la poche du Père Noël Je terminerai cette trop longue chronique par une suggestion de cadeau pour toutes les femmes à l'intention de leur fiancé, dans le sens de Foglia, évidemment. C'est un livre tout chaud qui vient d'être lancé il y a trois jours à la Librairie Il s'agit de Ayant épuisé tout mon ![]() Pour faire connaître cet article à un ami, cliquez ici. © Réjean Bonenfant & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (1999-2002) Tous droits réservés. |