
28 janvier 2003 |
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Chroniques La mémoire au jour le jour
par Réjean Bonenfant MISCELLANÉES... ET BONNE ANNÉE ! Des longues heures que j'écoule nuitamment devant mon téléviseur quand la réalité du jour s'est retirée et que je fume mon ultime cigarette de la journée en compagnie d'un petit rouge, je retiens habituellement une phrase, une seule, qui m'aidera le matin venu à chasser les brumes du sommeil et à renouer avec la vie rêvée. Aujourd'hui, c'est une phrase assez anodine de la diva Diane Dufresne qui alimente ma Évoquant le frère Jérôme, il m'est arrivé il y a quelques années, c'est-à-dire autrefois, de lire en public des extraits de sa correspondance avec l'artiste et désormais internaute Nichole Ouellette. Elle lisait ses propres lettres alors que je lisais celles du frère Jérôme, cet homme immense, d'amour et de talent. Si sa correspondance avait peu à voir avec celle par exemple du Frère Marie-Victorin, elle n'en recelait pas moins quelques similitudes, la passion à l'état brut, le souci du détail, la soif d'être écouté. J'ai toujours trouvé fascinante cette démarche, pour un ecclésiastique, d'entrer en relation épistolaire intime avec une femme qui représente toutes les autres femmes. Il faudra que je me renseigne à savoir si Pie XII et la Popessa ont fait de même. Je brûle les étapes ce matin. Je n'ai pas encore, en cette première chronique de l'an de grâce 2003, offert mes vux appropriés à mes lecteurs. Recevez donc, en ce matin de trente-cinq sous zéro, mes meilleurs vux de chaleur pour les mois à venir, urbi et orbi. De la pellicule Comme chacun sait, la vie est lente, mais son rythme continue de s'endiabler. Il y aurait mille et une choses à dire, des dizaines d'invitations à lancer. Ainsi, la semaine dernière, il y avait des projections de l'Office national du film tous les soirs à la Maison de la culture de Trois-Rivières. Il y avait la projection de C'était également cette semaine-là que débutaient au Ciné-Campus au Séminaire de Trois-Rivières les soirées 5D. C'est une nouvelle formule, un ajout à la programmation régulière. Il s'agit donc de films débridés, délinquants, dérangeants, différents et difficiles. Le premier film était C'est ainsi que le Ciné-Campus, une institution culturelle typique de la Mauricie, célèbre son trente-cinquième anniversaire. Les 15 et 17 avril, Ciné-Campus présentera la nouvelle version du film Or, le court-métrage qui accompagnera en est aussi un d'animation. Des effets spéciaux, une trame sonore efficace qui met à profit la contribution des Petits chanteurs de Trois-Rivières, un montage serré, tout cela donne un petit film petit en longueur qui le fait se démarquer. Dernière De la musique et des paroles / paroles / paroles Érick Laprade, du Trio jazz Par Hasard, dont nous parlions dans notre dernière chronique, remet ça. Dans le cadre de Le Zénob continue d'être un lieu de rassemblement. Le mois prochain, pour une exposition de groupe, il accueillera les jeunes de une lecture de Samuel Beckett. Je n'ai pas eu besoin de me taper une heure de télé avant de me coucher ce soir-là. Ma phrase du lendemain matin, je l'avais déjà. L'ineffable Beckett nous Cette semaine, grâce à l'initiative du poète-libraire Guy Marchamps, le Zénob a présenté les J'en profite pour signaler la venue des Cowboys fringants au Collège de Shawinigan le 24 janvier à 21h30. Je déplore de si peu entendre à la radio leurs textes décapants comme dans Et puis, il y a l'accordéoniste Steve Normandin à ne pas manquer le 26 janvier, à 14 h, au gîte de la Maison Leclerc à Sainte-Marthe-du-Cap. Surtout, et nous aurons l'occasion d'y revenir, il ne faut pas manquer le Bed and Breakfast ? Le Studio Le Rigaud de l'Union des écrivains québécois vient d'accueillir, pour quelques semaines, le poète belge Éric Brogniet, auteur de vingt recueils, spécialiste de la poésie arabe, de Hermann Hesse, d'Aragon, de Henri Michaux. Il donnera plusieurs conférences lors de son séjour. Le 28 janvier, à 20 heures, à la Maison des écrivains de la rue Laval, à Montréal, il affrontera le poète Yves Boisvert dans un spectacle poétique intitulé Dormance et gouvernance On ne sait si l'on doit à la même personne la création de ces deux néologismes. Si le premier s'employait pour désigner la léthargie de l'ancien Musée des arts et traditions populaires de Trois-Rivières, le deuxième constitue un projet-pilote dont la Mauricie va bénéficier dès le printemps prochain. À l'occasion du Sommet des Régions tenu à Québec l'automne dernier, le premier ministre Landry a prêté une oreille attentive au projet qui consiste à créer un gouvernement régional visant à gérer l'argent de tous les ministères à vocation économique, et cela directement dans la région. Cela aurait le mérite de supprimer des délais et des paliers dont on peut se passer. Nous déplorons naturellement que le monde de la culture ne fasse pas partie de ce nouveau gouvernement régional qui devrait s'implanter pour une durée de deux ans. À la tête, nous retrouvons le ministre Guy Julien. Les autres députés élus ainsi que les maires des différentes municipalités régionales de comté La saison des prix Il reste encore quelques jours, jusqu'au 31 janvier, pour présenter des candidatures aux Grands Prix culturels de Trois-Rivières, dans toutes les disciplines, notamment en arts de la scène, en arts visuels, en littérature et également pour le Prix du patrimoine. Année après année, la moisson est abondante. Il est à remarquer qu'à compter de cette année, cependant, les seuls artistes de la nouvelle ville de Trois-Rivières sont admissibles à ces prix. Les prix seront décernés en mai, lors d'une cérémonie protocolaire qui se tiendra dans l'ancienne gare de la rue Champflour, ce haut lieu de l'architecture patrimoniale. Dans quelques semaines, ce sera le tour des candidatures pour les prix Arts/Excellence du Conseil de la culture et des communications de la Mauricie. La remise des prix aura lieu à Shawinigan, le 12 juin, lors d'un cinq à sept qui sera suivi d'un grand bal, sous le chapiteau, qui sera érigé sur l'île Banane. Il y aura remise du Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec à chacune de ces deux occasions. Et des lectures Je croule sous l'amoncellement des livres à lire, ces uvres entières qui me sont encore inconnues, ces livres d'auteurs longtemps fréquentés et que je perds peu à peu de vue. Et il y a aussi tous ces livres d'auteurs amis. Je me réserve dès aujourd'hui une plage de silence, au printemps, pour lire le prochain recueil de Daniel Dargis, ![]()
Mon plus récent cadeau Tout peut servir de matériau de base pour faire un livre. Il m'était déjà arrivé d'assister à un concert de petites annonces ou d'annonces classées, à saveur érotique, présenté par la poète Louise Desjardins lors d'un Festival de la poésie. Je n'aurais alors jamais pensé que l'on puisse en faire un livre. Maintenant, c'est fait, je l'ai devant moi, ce très bel objet que j'ai reçu en cadeau, dédicacé par l'auteur et par l'illustrateur qui a gratifié mon exemplaire d'une illustration supplémentaire. Il s'agit de Le lecteur perçoit d'emblée le plaisir qu'ont dû ressentir les co-auteurs lors de la fabrication de ce livre. Bruce Roberts y va d'illustrations tout à fait coquines, suggestives, un parfait complément au texte. Les lignes épurées et elliptiques s'accordent bien au propos même de l'uvre qui est constitué d'un savant dosage d'amour et d'humour. L'irrévérence y règne, sans fringues, pour notre plus grand plaisir. Je n'ai jamais été très friand de ce que l'on nomme les jeux de mots et j'ai longtemps été enclin à donner raison au vieil Hugo qui disait que ceux-ci étaient la fiente de l'esprit. Et puis, il y a jeux de mots et jeux de mots. J'ai pris le parti de ne point bouder mon plaisir. Sur la page de gauche apparaissent des petites annonces que Pelletier a colligées un peu partout et qui sont toutes des appels à l'amour, d'où le titre de l'uvre Dans la page de droite, Pelletier ne laisse rien passer. Il lit sous les mots. Il devine ce qui est caché, démasque les fraudeurs qui donnent une version édulcorée d'eux-mêmes. Parfois, il leur prête des intentions. Usant de la paraphrase, il fait dire aux mots ce que leurs auteurs avaient omis d'y mettre. L'auteur traduit, avec quelque méchanceté bien consentie, les véritables intentions de ces âmes esseulées. Ainsi, dans le message Après cette entreprise de décryptage des vrais messages, Francis Pelletier se permet des Suggestions de petites annonces à l'intention de ceux qui manquent d'imagination. Ainsi, il propose Il faut souligner l'excellente qualité de cet objet-livre. Le livre est beau, ce qui ne gâte rien. S'il constitue une bonne idée de cadeau à recevoir, j'imagine que c'est aussi un excellent cadeau à offrir. ![]() Pour faire connaître cet article à un ami, cliquez ici. Vous désirez envoyer un message à l'auteur, communiquez avec lui. © Réjean Bonenfant & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (1999-2003) Tous droits réservés. |