
14 avril 2003 |
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Chroniques La mémoire au jour le jour
par Réjean Bonenfant DE LA BIÈRE OU DES LARMES Il est des jours où de grands pans de nos vies se décident, où l'on sent que rien ne sera plus jamais pareil. Parce qu'on a posé tel geste. Parce qu'on ne l'a pas posé. C'est ainsi qu'il arrive que nos destins individuels et parfois collectifs ratent une marche dans l'escalier de nos rêves. C'est vous dire toute ma fragilité d'aujourd'hui à la veille d'un scrutin national dont l'enjeu est très important pour la poursuite du rêve de l'adolescent que j'ai été qui, déjà, rêvait d'un pays. Jusqu'aux grandes heures tardives de la nuit passée, plusieurs copains et moi avons discuté des enjeux de l'élection de demain. C'est inscrit dans mes gènes, j'ai toujours peur d'un retour de la droite. Y aurait-il eu un 11 septembre sans Le Je me souviens d'une réplique de Miron à un interlocuteur lors d'une rencontre littéraire. Il avait parodié le vieux proverbe qui dit J'étais souverainiste aux premières heures du Parti Québécois, et avant cela avec le Rassemblement pour l'Indépendance Nationale Je ne puis cerner avec certitude le moment où je suis devenu souverainiste. Est-ce lors d'une rencontre, vers 1964, avec Lionel Groulx qui m'avait dédicacé ses Chemins de Dans le fouillis de mon bureau d'écriture, j'ai retrouvé il y a quelques jours une note griffonnée à l'endos d'un napperon de papier d'un café où, en plein après-midi, Yves Boisvert, Guy Marchamps, Louis Jacob, Serge Mongrain et moi-même refaisions le monde et donc le Québec. Nous y avions rédigé le brouillon d'une lettre ouverte qui a été publiée dans l'édition du 13 juin 1992 du Journal de Montréal assez agressive pour protester contre l'utilisation frauduleuse d'une partie de l'uvre de Gatien Lapointe dans une publicité télévisée destinée à vanter les vertus du fédéralisme canadien. Ça fait quelques éternités que les poètes d'ici montent la garde du monde. La patience ne nous fait pas peur et nous en avons encore beaucoup en réserve. Laissons cela de côté pour l'instant puisqu'en plus de commencer à m'abîmer dans le name dropping, ce discours sera peut-être déjà périmé quand ma lectrice et son fiancé liront cette chronique. Des échos de Belgique J'ai été agréablement étonné de recevoir un courriel du poète belge Éric Brogniet qui lit mes chroniques. Mes meilleures salutations Éric Brogniet. Il a eu la gentillesse de me faire parvenir le texte de la présentation qu'il a faite à Bruxelles lors du récent passage du poète Yves Boisvert en son pays. Pendant que Boisvert se trouvait en Belgique pour la Journée internationale de la poésie, le Québec recevait le poète belge Pascal Leclercq à Trois-Rivières, à l'initiative des Écrits des Forges. J'ai assisté à la lecture de ses textes. Leclercq dirige une revue belge, L'arbre à paroles. Je crois qu'il a profité de son séjour à Trois-Rivières pour établir de nouveaux contacts, notamment avec Pierre Labrie, président de la Société des écrivains de la Mauricie. Pascal Leclercq m'a rappelé cet autre poète belge que nous avions accueilli à Trois-Rivières il y a de nombreuses années, William Cliff. Question de ressemblance physique tout simplement. ![]() À gauche : Le poète Jean-Paul Daoust et le poète belge William Cliff lors d'une nuit blanche chez moi durant le Festival international de la poésie, le 10 octobre 1993. À droite : Le jeune poète belge Pascal Leclercq s'entretient avec le poète Gilles Devault, le 21 mars dernier au Zénob, lors du récital de la Journée internationale de la poésie. Le plus intéressant de tout cela, c'est l'implication de Éric Brogniet qui en est à finaliser l'entente pour un studio à Bruxelles à l'intention des écrivains québécois. Les écrivains belges profitaient déjà à l'occasion du studio de Montréal. Vive la Belgique et merci à Éric Brogniet. Un détour par l'Italie Le plus ardent défenseur de la culture italienne à Trois-Rivières est peut-être le poète et professeur Gérald Gaudet qui a profité du studio de Rome durant six mois en 2001. Il avait préalablement appris l'italien et il a pu profiter pleinement de son séjour là-bas. Il prépare actuellement son troisième séjour en Italie et il prévoit, avec sa collègue Rita Painchaud, d'y emmener ses étudiants l'an prochain. À cette fin, ils ont organisé un spectacle-bénéfice qui aura lieu le 28 avril prochain à la Maison de la Culture de Trois-Rivières, spectacle mis en scène par Hélène Fournier et qui nous présentera, en plus de la musique, les poètes Hugues Corriveau, Louise Dupré, Denise Joyal, José Acquelin et Jean-Paul Daoust. C'est une soirée à ne pas manquer. Gérald Gaudet, le 6 août 1992,
sur la tombe du poète québécois Saint-Denys Garneau à Sainte-Catherine-de-Fossambault. La Journée mondiale du livre et du droit d'auteur Le 23 avril, c'est la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur qui se célèbre partout dans le monde. La population de Trois-Rivières et des environs aura le
Salon du livre de Trois-Rivières Le Salon se tient à la Bâtisse industrielle de Trois-Rivières du 24 au 27 avril. Lors d'un 5 à 7, le jour de l'ouverture, la Société des écrivains de la Mauricie tiendra une activité pour sceller son nouveau partenariat avec la Jeune Chambre de commerce de Je serai au kiosque de la Société des écrivains de la Mauricie, avec mon frère Claude Arnaud Bonenfant pour présenter notre livre familial des éditions de la Catalogne, Une Alliance dans ses grandes lignes, le samedi 26 avril de 14 à 16 heures et le dimanche 27 avril de 16 à 18 heures.
Parlant de ce livre, nous serons également, avec notre frère Roland, au Salon national d'histoire et de patrimoine qui se tiendra le samedi 17 mai à l'Université du Québec à Trois-Rivières, à midi. Dans une entrevue devant public animée par Patricia Powers, nous expliquerons comment garder des archives vivantes. Cette activité, que nous partagerons avec les Archives nationales du Québec, est à ne pas manquer. Dans les écoles Le printemps revenu, à chaque année, je redeviens en quelque sorte le professeur que j'ai été durant vingt-deux ans, et cela auprès de la même clientèle, soit la cinquième secondaire. Il s'agit de la Tournée Culture-Éducation. J'adore ces échanges avec mes jeunes lecteurs. Et puis la matière n'est pas très difficile pour moi puisque j'y parle de mes livres. Il y a quelques semaines, un jeune homme timide est venu me demander après la J'y vis de forts beaux moments. Il y a deux jours, à Nicolet, les étudiantes voulaient entendre parler de La Désobéissance d'Alberto Moravia et de L'Écume des jours de Boris Vian. Elles venaient de lire mon roman Les vendredis amoureux, roman dans lequel mon personnage principal parle de ces deux romans dans son journal intime. Je suis parti de là avec une petite Le sort en est presque jeté Je viens d'aller voter. Ma nervosité d'hier est encore entière et je prévois une soirée de libations devant mon téléviseur après avoir porté ce texte à mon éditeur Rabaska. Quelles ![]() Pour faire connaître cet article à un ami, cliquez ici. Vous désirez envoyer un message à l'auteur, communiquez avec lui. © Réjean Bonenfant & RABASKA MULTIMÉDIA inc. (1999-2003) Tous droits réservés. |