

28 avril 2003
Capsule de chez nous
par Serge Fournier
Le mot de la semaine
PEINTURER
PEINTURERVerbe tr. :
Définition :HISTORIQUE : Peinture n'a donné que des dérivés familiers ou tombés en
- Peindre.
Exemples d'emploi :
- «
[ ... ] deux petits bahutspeinturés. » (G. ANDOUART, greffe, 17 août 1655, TraLiQ 81.)
- « Sera mis par l'entrepreneur de la taule sur ladite couverture ou du fer-blanc sur le toit et les
angles ; peinturer le tout couleur d'ardoise avec de l'huile de poisson poséebouillante. » (Archives nationales du Québec[ ANQ ], greffe 994, Louis Panet m. de c., Québec, 17 mars 1832, p.1[ Créées en 1920, les ANQ (d'abord connues sous le nom d'Archives de la province, puis d'Archives du Québec) sont présentes sur l'ensemble du territoire québécois grâce à un réseau de neuf centres situés à Rimouski, Chicoutimi, Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Montréal, Hull, Rouyn-Noranda etSept-Îles ], FTLFQ.)
- « Lambrisser les cheminées en planches posées debout, embouvettés, brutes, et les peinturer &
sabler ; poser à chaque cheminée un chapeau de taule avec rebors de 3pouces. » (ANQ, greffe 3652, R.-G. Belleau, devis, Québec, 22 mars 1841, p.5, FTLFQ.)
- «
[ ... ] peinturer avec aussi deux couches de peinture, la peinture métallique delaiyée[ sic ] avec de l'huile de lin double bouillie, la quantité de trente boète de taule, posée sur la couverture de ladite maison[ ... ]. » (ANQ, greffe 7448, M. Tessier m. de c., Québec, 5 mars 1851, p.1-2, FTLFQ.)
- « Le Grand Nominingue se décharge dans la Rivière Rouge et lui paie un tribut généreux, en gonflant son sein devenu voie de communication flottable. D'où lui vient le nom de
Nominingue ? Nominingue veut dire en langue Iroquoise[ sic ], peinture rouge. De fait on trouve encore une espèce de craie avec laquelle les Sauvages se tatouaient, et dont quelques colons se servent aujourd'hui pour peinturer leurs bâtiments. C'est peut-être de cet incident que la Rivière Rouge tire sonnom. » (B. A. Testard de Montigny.« Colonisation : lenord » p.122, Montréal, sans nom, 1886, 172p, Institut canadien de microreproductions historiques[ ICMH ].)
- « LA VOITURE
" JUMP SEAT " D'ARMSTRONG. Nous vendons la même Voiture sur le Train Moniteur à Trois Ressorts. Les sièges s'ajustent instantanément pour l'usage de deux ou quatre personnes. Nous sommes toujours bien aises[ sic ] de fournir un catalogue décrivant tous nos genres de voitures, celui-ci y compris.[ ... ] Nous les vendons séparément, ou bien les voitures complètes prêtes àpeinturer. » (Ludger GRAVEL.« Recueil de légendesillustrées » p.9, Montréal, L. Gravel, 1896, 149p., ICMH.)
- « Comme je désire finir mon sous-sol, j'aimerais savoir comment m'y prendre pour peinturer le plancher de béton pour imiter un genre de linoléum sans que la peinture s'enlève. Quelle sorte de peinture
employer ? Suggérez-moi un modèle que je puisse exécuter sans trop dedifficulté. » (André DAVELUY.« Monsieur bricole », p.90, Montréal, Éditions du Jour, 1968, 128p., FTLFQ.)
- « Ce véhicule était un peu plus lourd que la traîne à bâtons, mais beaucoup plus confortable et plus élégant. On prenait le temps de le peinturer et même de le décorer. S'il était destiné seulement aux voyageurs, on en soulageait le poids en y adaptant des patins plus minces, des planches plus légères pour constituer la caisse du
traîneau. » (Germain LEMIEUX.« La vie paysanne1860-1900 », p.81, 1982, Sudbury-Laval, Les Éditions Prise de Parole-Les Éditions FM, 239p., FTLFQ.)
- « Elle a eu un prof formidable qui peinturait des cathédrales et qui goûtait au plâtre pour savoir s'il était à point
(...) » (HÉLÈNE DEMONTIGNY.« Entrepreneure en construction oufemme-orchestre », article du mensuel« La Fronde », Vol. 3, no 1, mars 2000.)
- « Avant de déménager les meubles y'a ben fallu peinturer l'appartement au complet. Le prochain coup, je prends un logement où y'aura rien à
faire. » (Inf. masc., 28 ans, Montréal, 2002, CELM.)
SYNTAGMES : peinturer en blanc« étancher unebarque »; se peinturer dans le coin« se placer dans une situationdélicate ».
DÉRIVÉS : Peinturage« action depeinturer » « Quelques jours à Pinceauville, quelques jours à Marteauville, rafistolage et peinturage, lecture et farniente. » (Yvon BONENFANT, lettre, 19 juil. 1998, Archives familiales Bonenfant [AFB]). Quelquefois utilisé avec le sens familier péjoratif de« faire de la mauvaisepeinture ». Aussi la forme pronominale se dépeinturer« se détériorer en parlant de lapeinture » « Je suis une catin qui perd ses artifices, qui se dépeinture. » (Réjean BONENFANT. « L'écriveule », p.78, Collection Romans d'aujourd'hui, éditions La Presse, Montréal, 1979, 158 p., AFB), de par la présence du privatif dé qui« indique qu'une action s'effectue en sens inverse ou estannulée ».
REMARQUE : Aussi l'existence de peinture, peinture à l'eau, d'où dérive peinturer (v. HIST.), peinture du pauvre« chaux », et le dérivé peinturon (rare)« peintre enbâtiments » (PPQ).
désuétude : c'est le cas de peinturer v.tr.( 1140 ) dont le sens de« rehausser de couleurs,orner » a été supplanté par peindre. En français central peinturer est quelquefois utilisé avec le sens familier péjoratif de« faire de la mauvaisepeinture » ( 1752 ), attesté dès 1690 par son participe passé adjectivé peinturé (DHLF). Ce sens continue à vivre un peu partout dans les parlers de France (FEW).
Peinturer« peindre » (1655) se maintient toujours dans le français du Québec.
Catégorie :
- Archaïsme et dialectalisme
Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte de l'exemple 9 et des exemples dérivés.
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vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.