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Au centre, Alphonse Bonenfant, foreman d'une douzaine de travailleurs
« En 1938. Alphonse [ Bonenfant, ndlr ] est foreman pour des travaux de réfection des chemins publics dans le haut de le Grand'Ligne. Il porte fièrement un windbreaker et des culottes breeches à carreaux bleus et blancs que Alice a tissés, lequel habit lui attire les quolibets d'un voisin jaloux [ ... ] » ( Légende d'une photo [ détail ] dans « Une Alliance dans ses grandes lignes » [ collectif ], p.33, Éditions de la Catalogne, 2002, 408p, Archives familiales Bonenfant [ AFB ]. )


24 novembre 2003


Capsule de chez nous
par Serge Fournier



Le mot de la semaine
FOREMAN


















FOREMAN foreman: Nom masc.

Définition :
  1. Contremaître ; superviseur.

    Exemples d'emploi :

    1. « Soudain la voix redoutée du foreman se fait entendre. " Vite, vite Pierrot ! dépêche-toi Baptiste ! " Il faut partir malgré les attraits de Bacchus ; il faut dire adieu à l'auberge, et se jeter ou être jeté sur les traîneaux qu'entraînent avec vitesse les chevaux aiguillonnés par le fouet dont leurs flancs sont labourés. » ( Joseph BONIN. « Biographies de l'honorable Barthélémi Joliette et de M. le grand vicaire A. Manseau », p.64, Montréal, Eusèbe Senécal Imprimeur-Éditeur, 1874, 218p., FTLFQ. )

    2. « Nous avons un " foreman ", homme d'une compétence parfaite dans sa besogne, comme peuvent en témoigner l'excellente condition du troupeau, les honneurs cueillis dans les expositions et la qualité remarquable du beurre. » ( Eliza Maria JONES. « Laiterie payante ou La vache du pauvre », p.95, Trois-Rivières, sans nom, 1894, 100p, Institut canadien de microreproductions historiques [ ICMH ]. )

    3. « Maniant la hache comme tout bon Canadien, il fut d'abord simple bûcheron, puis équariseur [ sic ], puis menuisier, et fit preuve d'assez de talent pour arriver au grade de foreman. » ( Télésphore SAINT-PIERRE. « Histoire des Canadiens du Michigan et du comté d'Essex, Ontario », p.275, Montréal, sans nom, 1895, 348p., ICMH. )

    4. « – [ ... ] Si vous voulez que cet argent-là reste dans la paroisse au lieu de retourner à Québec, c'est de venir me parler pour vous faire engager vitement. Quelques-uns allèrent vers lui [ Napoléon Laliberté ] ; d'autres, insouciants, se contentèrent de rire. Un jaloux dit à demi-voix : – Et qui va être un " foreman " à trois piastres par jour ? C'est le bonhomme Laliberté... » ( Louis HÉMON. « Maria Chapdelaine », p.13, Montréal et Paris, Fides Éditeur, 1959, [ éd. originale 1916 ]. )

    5. « Cré chien ! par exemple, on n'est pas les serviteurs de tout le monde ; nous avons des droits, nous autres aussi. Ça me choque, moi, ces affaires-là... Je me rappelle, quand j'allais dans les chantiers, on avait eu un foreman, une fois, qui avait bien voulu nous zigoner [ Voir le verbe zigonner à la fenêtre Lexique québécois ]. C'était un grand Écossais, tout frais débarqué, qui prétendait en remontrer à tout le monde, ça n'a pas été long. J'allai trouver le boss et je lui dis que son foreman allait se fermer la boîte ou que nous allions la lui fermer, nous autres. » ( Adélard DUGRÉ. « La Campagne canadienne : croquis et leçons », pp. 223-224, Montréal, Imprimerie du Messager, 1925, 237p., FTLFQ. )

    6. « J'suis rien qu'un déplacé, j'ai une tête de cochon, ouais, ouais, y avaient raison les foremen, les chefs d'ateliers, j'ai une tête de cochon... » ( Claude JASMIN. « Pleure pas, Germaine », p.89, Ottawa, éd. Parti Pris, 1965, 167p., NéoClas. )

    7. « Mais le type le plus représentatif du draveur était évidemment le contremaître, le " foreman ", disait-on alors. Presque toujours, cet homme avait passé de longues années dans les chantiers, avait remonté toutes les rivières, fréquenté tous les ruisseaux, parcouru tous les lacs et fait toutes les draves. Généralement, il avait exécuté lui-même tous les genres de travaux. Il savait parler aux hommes avec autorité et dans les cas d'insubordination, un coup de force, exécuté à propos, lui donnait plus de prestige que tous les raisonnements du monde. » ( LaflDrave p.97, 1970. )

    8. « [...] un nommé Trépanier aurait été foreman pour ce monsieur Sénécal qui était spécialiste en traques et en banqueroutes [...] » ( Jacques FERRON. « Le Saint-Élias », p.158, Ottawa, éd. du Jour, 1972, 186p., NéoClas. )

    9. « Oui, monsieur, 25 ans dans l'bois, c'est ben tof, surtout quand le foreman n'était pas d'adon. » ( Jean CÔTÉ. « On va les avoir les Anglais ! », p.88, Montréal, Les Éditions Jovialistes Inc., 1973, 157p., FTLFQ. )

    10. « [...] écoeurés d'crever de faim dessus leux terres de roches, les Québécois ont exodé vers les villes, ont été pognés à travailler dans des usines oùsque le foremane, l'outillage pis la mécanique parlaient en anglais – naissance du joual montréalais qui a fini par se substituer toute à faite au joual inventif de Fréchette, au joual vert pis ben vivant des Québécois en général [...]. » ( Sans nom, Maintenant, p. 17, no 134, 1974, FTLFQ. )

    11. « Te souviens-tu de ce que nous avions fait ? Nous étions quatre : nous deux, ainsi que ton frère cadet et mon frère aîné. Qui avait eu l'idée de courir, les culottes baissées à la hauteur des genoux, près du chantier où ton père était foreman pour la réparation du pont ? » ( Réjean BONENFANT. « La part d'abîme » [ nouvelles ], p.17, Montréal, VLB Éditeur, 1987, 159p., AFB. )

    12. « Notre père a laissé sa marque à Lac-aux-Sables. C'était un homme actif, travaillant, responsable : une âme de chef. Il fut contremaître [ foreman ] et aussi entrepreneur dans les chantiers et pour la drave. Il a construit quelques maisons et certains trottoirs du village. Tout ça en étant cultivateur. » ( Estelle et Yvette GAUTHIER. « Famille Oscar Gauthier et Angélina Bourassa », dans « Lac-aux-Sables Témoin de notre passé 1897-1997 » [collectif], p.331, Lac-aux-Sables, 1997, Société d'histoire de Lac-aux-Sables et d'Hervey-Jonction, 490p.)

    13. « On a été pendant des années
      Un petit peuple de yes-man
      Qui marchait les fesses serrées
      Quand arrivait le foreman »
      ( Les Cowboys Fringants, chanson « En berne », disque Break syndical, 2002. )

    14. « Dans le Québec des années 30, les patrons étaient des Canadiens anglais qui faisaient travailler à des emplois subalternes des Canadiens français. Ceux-ci étaient obligés de parler anglais au travail. Le contremaître était le " foreman ", par exemple. » ( Propos de Marie LABERGE recueillis par Alexie Lorca, « Questions à... Marie Laberge », site du magazine littéraire Lire, avril 2003. )

    SYNONYME : boss.

    SYNTAGMES : Grand foreman « premier contremaître », petit foreman « second contremaître », foreman des grands chemins.

HISTORIQUE : De l'anglais foreman « the principal workman ; spec. one who has charge of a department of work » ( 1574, OED ). En anglais canadien foreman « maître d'équipage d'une embarcation », connu depuis 1774 ( DictCan ), a probablement joué un rôle notable dans l'utilisation du vocable en français québécois. Le mot a aussi pénétré en français central et a été signalé de 1858 à Larousse 1930 avec l'acception de « garde champêtre » ( FEW 18 ).

Attesté en français québécois depuis 1826, foreman, principalement utilisé dans les chantiers de coupe du bois, puis dans le monde du commerce en général, est encore largement en usage dans tous les champs d'activité au Québec.

Catégorie :
  1. Anglicisme lexical.



Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-11, 12, 13, 14 et celui de la légende de la photo.

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L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.

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