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Claude Bonenfant jouant le cook
Juillet 1991. Au barbecue, Claude Bonenfant joue le rôle du cook pour un repas estival ( Lac-aux-Sables, Mauricie ).


8 décembre 2003


Capsule de chez nous
par Serge Fournier



Le mot de la semaine
COOK, COUQUE








COOK, COUQUE [ kuk ] : Nom masc.

Définition :
  1. Cuisinier.

    Exemples d'emploi :

    1. « Le couque, bien que venant en dernier lieu dans l'ordre hiérarchique, sert véritablement sans préjudice à ses fonctions de cuisinier, de ministre de l'intérieur au contremaître. » ( Joseph-Charles TACHÉ. « Forestiers et voyageurs : mœurs et légendes canadiennes », p.27, Montréal, Fides, 1964, 190p., [ éd. originale 1863 ]. )

    2. « La file des porteurs arriva bientôt, et comme il fallait doubler le portage on fit le café. Ce fut moi qui entreprit cette tâche délicate pour laquelle notre cook ordinaire me semblait peu propre. » ( Joseph ROYAL. « La Vallée de la Mantawa : récit de voyage », pp.110-111, Montréal, sans nom, 1869, 162p., Institut canadien de microreproductions historiques [ ICMH ]. )

    3. « C'est là que le cook ( cuisinier ) d'une propreté souvent équivoque, armé d'une pelle en fer, bouleverse dans la profonde chaudière, le lard, les pois et le blé-d'Inde entassés ; du sein de la marmite bouillonnante, s'élèvent dans les airs, en parfumant la cabane, les odeurs savoureuses de la soupe du soir. » ( Joseph BONIN. « Biographies de l'honorable Barthélémi Joliette et de M. le grand vicaire A. Manseau », pp. 66-67, Eusèbe Senécal Imprimeur-Éditeur, 1874, 218 p., FTLFQ. )

    4. « Pour des loups-garous, j'en ai vu assez pour faire un régiment, dans mon jeune temps lorsque je naviguais l'été à bord des bateaux et que je faisais la pêche au petit poisson [ sic ], l'hiver, aux chenaux des Trois-Rivières [...]. J'avais bien douze ou treize ans et j'étais cook à bord d'un chaland avec mon défunt père qui était capitaine. » ( Honoré BEAUGRAND. « La Chasse galerie : légendes canadiennes », p.42, Montréal, sans nom, 1900, 126p., ICMH. )

    5. « Y a pas de bon sens, Brigitte ; tu devrais leur faire engager une waiteuse pour la table. Quand on est cook on est pas [ sic ] servante. » ( La Presse, « En roulant ma boule », 5 juin 1920, p.10, col.1, FTLFQ. )

    6. « La cambuse [ cuisine d'autrefois à toit ouvert ], théâtre où se déploieront toutes les ressources de la science du cook ( cuisinier ) et de son assistant le show-boy ( marmiton ) [...] » ( Pierre DUPIN. « Anciens chantiers du Saint-Maurice », pp.51-52, Trois-Rivières, 1935, 131p., [ Reprise par les éditions du Bien Public en 1953 ]. )

    7. « – Je vous ai-ti parlé d'un couque que j'ai connu dans un chantier du Maine ? Il avait le secret des crêpes et des galettes de sarrasin comme pas une créature [ voir ce mot à la fenêtre Lexique québécois ] est capable d'en délayer. » ( Germaine GUÈVREMONT. « Le Survenant », p.45, Montréal, Bibliothèque québécoise, 1990, 218p., [ éd. originale Beauchemin, 1945 ]. )

    8. « [...] monsieur c'est vrai chus pas capable de parler anglais avec les clients mais chus capable de donner mes ordres en anglais au cook prenez-moé comme waitrisse [...]. » ( Gaston MIRON. « L'Homme rapaillé », p.118, Éd. TYPO, 1998, 252p. [ éd. originale 1970 ]. )

    9. « Mon grand-père maternel, bûcheron de son métier, m'a raconté souvent que le cook du chantier où il travaillait dans son jeune temps se laissait aller dans la soupe et le ragoût de patte chaque fois qu'il en voulait au foreman. » ( Le Soleil, vol. 17, no 36, p.226, Québec, sept. 1975, FTLFQ. )

    10. « Il y a une expression des Îles qui dit : " Il a été cook pour les loups-marins ", c'est-à-dire cuisinier pour les gens qui chassaient le loup-marin. » ( Jean-Claude DE L'ORME et Avila LEBLANC. « Histoire populaire des îles de la Madeleine », Montréal, L'Aurore – Les Éditions Univers, 1980, 181p. [ Coll. Patrimoine ], p.159, FTLFQ. )

    11. « Le camion était au rendez-vous. Tous grimpèrent à nouveau dans la boîte et échangèrent immédiatement quelques blagues sur la nourriture de Pit Richer, le cook qui devait voir aux imposantes cuisines du chantier. Duguay gueulait plus que les autres, comme il se devait. » ( Serge CÔTÉ. « L'Indien. Les trois jours de la nation », p.48, Chicoutimi, Éditions JCL, 1988, 268p., FTLFQ. )

    12. « Par la suite, Lionel devient cook pour les chantiers d'Armand Lavallée et obtient un travail pour la voirie. N'étant pas partisan de la bonne couleur, étant rouge, le bleu favoritisme électoral du duplessisme lui fait perdre son emploi. La famille déménage à Montréal, [...] » ( Sylvie LAVALLÉE. « Famille Lionel Touzin et Rita Ouellette », dans « Lac-aux-Sables Témoin de notre passé 1897-1997 » [collectif], p.483, Lac-aux-Sables, 1997, Société d'histoire de Lac-aux-Sables et d'Hervey-Jonction, 490p. )

    13. « M'as-tu vu ou m'as-tu bu ? Le Buena Note est le rendez-vous des stars incognito et des anonymes qui voudraient devenir stars. On se regarde beaucoup au milieu de serveuses plus portées sur le look que sur le cook et qui sont à la gastronomie ce que maman Dion est au Petit Robert. » ( Lio KIEFER. « Les nappes du mois », Le Devoir, vendredi 5 septembre 2003. )

    SYNONYMES : chef-cook, bull-cook, aussi « homme à tout faire », main-cook, cooky, aussi « aide-cuisinier », capot-blanc ( PPQ, CELM ).

    SYNTAGMES : camp du cook ( cookcamp, cookhouse ), room du cook ( cookrooms ), cookkitchen, cookresse « femme du cuisinier » ( PPQ, CELM ).

    DÉRIVÉS : cooker, cookerie ( aussi cookery ) « cuisine » et « nourriture » ( PPQ, CELM ).

HISTORIQUE : De l'anglais cook « cuisinier » ( OED ), le mot est aussi signalé dans les îles de Jersey et de Guernesey ( anglo-normandes ) avec l'acception de « cuisinier » ( FEW ).

Au Québec cook « cuisinier » ( v.1840 ) est relevé par nos glossairistes de Dunn ( 1880 ) à Bélisle ( 1980 ). Le vocable a été largement utilisé pour désigner le cuisinier d'une exploitation forestière, mais cet emploi s'est généralisé rapidement. Aujourd'hui, le mot est encore largement utilisé dans toutes les régions du Québec.

Catégorie :
  1. Anglicisme lexical.



Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard (de Rabaska Multimédia) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-12 et 13.

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L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.

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