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Carte postale ancienne pour illustrer le mot Peignure
Carte postale ancienne montrant une femme à la peignure originale, puisque faite de cheveux collés sur l'image.
( Collection privée )


26 avril 2004


Capsule de chez nous
par Serge Fournier


Le mot de la semaine

PEIGNURE











PEIGNURE transcription phonétique du vocable Peignure : Nom fém. sing.

Définition :
  1. Arrangement des cheveux ; coiffure.

    Exemples d'emploi :

    1. « Il a une peignure en parachute
      Et puis une maîtresse entre parenthèses
      Il a une gueule comme Chartrand
      ( Jim CORCORAN. « Comme Chartrand » ( chanson ), disque « Jim Corcoran et Bertrand Gosselin », Zodiaque, ZOX-6010, 1973.)

    2. « [ Vers 1924 ] Une épluchette de blé d'Inde eut lieu chez M. Philippe Parent. Alice s'était fait remarquer par sa peignure, au temps où ses cheveux descendaient jusque dans le dos. Elle avait les cheveux dans un filet, avec un beau rouleau. Alphonse l'avait trouvée bien belle. » ( « Le très beau nom de mon amour » [ collectif ], p.162, éditions de la Catalogne, Saint-Narcisse de Champlain, 1978, 210p., Archives familiales Bonenfant.)

    3. « R'garde mon beau char
      Pis r'garde ma peignure
      R'garde pas d'l'aut'bord
      Pis r'garde moé l'allure »
      ( Plume LATRAVERSE. « Cris et écrits ( dits et inédits ) : Plume la traverse... l'époque », p.62, Verchères, Les Éditions Rebelles, 1983, 306p., FTLFQ. )

    4. « Y'a tu vu la peignure, on dirait que ça la fait grossir de 20 livres. Franchement la pire coiffeuse de mon coin lui aurait mieux organisé la tête que ça, ça n'aurait pas été dur à battre. » ( Inf. fém., 45 ans, Trois-Rivières, 1978. )

    5. « Le plus difficile à décider, c'est de changer de peignure, c'est comme si tu changeais de personnalité. » ( Inf. fém, 28 ans, Grand-Mère, 1986, CELM. )

    6. « Je l'aimais pas tellement, pis y faut dire que la peignure n'aidait pas non plus. » ( Inf. fém., 26 ans, La Tuque, 1990, CELM. )

    7. « C'est le gars qui est croche, mais qui croit que ça marche comme ça. Il n'est pas tranché au couteau. Il aime convaincre et " gagner " le monde. Il présente une apparence soignée dans son genre un peu chromé, un peu kétaine [ Voir le mot quétaine à la fenêtre Lexique québécois ] avec ses bijoux et sa peignure comme sa moustache et ses cheveux toujours placés avec soin. [...] » ( Propos de Robert GRAVEL, au sujet de Melançon, son personnage dans l'émission MARYLIN à Radio-Canada, dans Échos Vedettes, p.47, 30 janv. au 5 févr., vol. 31, no 5, 1993, FTLFQ. )

    8. « J'ai décidé de changer de peignure aujourd'hui, j'ai l'air moins sévère, plus petite fille comme ça. » ( Inf. fém., 19 ans, St-Tite [ Champlain ], 2001, CELM. )

    9. « L'histoire et surtout la finale aussi m'a prise par surprise. Une chose que je voudrais savoir c'est pourquoi est-ce que Sean Penn a toujours dans ses films une peignure à l'ancienne. L'action du film ne se passait pas il y a plusieurs années car il y avait des téléphones cellulaires, alors svp monsieur Penn changez de coiffure !!!! » ( Nathalie GUIMOND, Réaction, cinéma, in www.Voir.ca, Montréal, 20 octobre 2003, CELM. )

    10. « À moins que tu te fasses faire une peignure mohawk et que tu ailles marcher sur la Cinquième à Shawinigan. Là t'es sûr que le monde va te remarquer. » ( Inf. fém., 20 ans, Shawinigan, 2004, CELM. )

HISTORIQUE : Peignure(s) dérive de peigner, v. tr., d'abord pronominal soi paignier ( 1176-1181 ) issu du latin pectinare « coiffer avec un peigne » et « herser le blé en herbe » ( DHLF, FEW ). Peignures, nom fém., pluriel, existe en français depuis 1664, mais avec le sens de « cheveux qui tombent quand on se peigne » ( Robert 2001, FEW ). Peignure a aussi été enregistré en fr. général ( Dict. de l'Académie Française, 1839 ) avec un sens spécialisé « extrémité d'un cordage distordue et l'effilée » mais il n'apparaît plus dans les répertoires actuels. Dans le Poitou peignure « foin qui tombe du char quand, après l'avoir chargé, on en retire au râteau ce qui est mal placé », en Bourgogne et dans les Ardennes, peignûres, en Champagne pegnoures avec la même acception et « amas de mauvaises herbes enchevêtrées ». Aussi, en Saône-et-Loire faire la pignure « garnir les moules de terre, puis passer rapidement le revers de l'ongle sur le rebord du moule pour rendre plus nets les contours de la tuile. »

Au Québec, peignure « coiffure » ( v. 1830 ), qui apparaît comme une extension de certaines acceptions dialectales « arrangement du foin » ( v. plus ci-haut ), n'a pas été relevé par nos glossairistes qui devaient le considérer comme français. Le substantif avec le sens de « coiffure » est toutefois encore bien vivant partout sur le territoire québécois.

En Acadie, peignures « filasses qui tombent du chanvre quand on le peigne » et peignures de foin « ce qui reste par terre, quand le voyage a été peigné au râteau » ( PoirGlos ).

Catégorie :
  1. Innovation sémantique.



Serge Fournier
avec la collaboration de Guy Rivard ( de Rabaska Multimédia ) pour la mise en forme, la recherche des hyperliens et la collecte des exemples I-1 et 2.

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L'auteur est professeur de littérature et de linguistique au Collège Shawinigan,
vous pouvez le joindre à l'adresse électronique sefourni@sh.cgocable.ca.

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